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Pouvoir d’achat : les assureurs pourraient revoir leurs tarifs face à la pression de Bercy


Pour les assureurs, l’assurance auto devrait se retrouver au cœur des débats. Une dépense non négligeable pour les ménages.

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Crédit : iStock

Les principales fédérations de l’assurance, ainsi que des grands groupes du secteur rencontreront, jeudi 23 juin à Bercy, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, selon les informations des Echos. Décidé avant le deuxième tour des législatives, le rendez-vous déterminera pour les assureurs la question des tarifs dans un contexte d’inflation galopante.

« On comprend bien que si les banquiers ont été gentiment recadrés, c’est notre tour derrière », affirme le dirigeant d’un groupe d’assurance. Fin mai, Bruno Le Maire avait déjà invité les banques à modérer leurs tarifs, lors d’une réunion avec les patrons des principales banques françaises.

Les assurances auto au cœur des débats

La Fédération bancaire française (FBF) est invitée à se pencher sur la question des frais bancaires de succession. Pour les assureurs, les assurances auto devraient se retrouver au coeur des débats car c’est une dépense non négligeable pour les ménages. Ils pourraient promettre de modérer les tarifs au niveau de chaque groupe. Les fédérations, pointant des problèmes de concurrence, se refusent toujours à prendre des engagements collectifs à ce sujet.

Avec la crise du Covid, les assureurs ont été mis sous le feu des projecteurs. Ils ont été poussés par les autorités à financer à hauteur de 400 millions d’euros un fonds de solidarité pour soutenir les indépendants et les entreprises touchées par la crise. Les assureurs ont également été enclins à geler ou limiter les hausses tarifaires en 2021 et 2022.

Une promesse difficile à tenir deux ans après le début de la crise. « Les coûts de réparation augmentent très fortement », confirme un assureur. De plus, la hausse des prix des matières premières et les difficultés d’approvisionnement causées par la guerre ukrainienne renforcent les inquiétudes.

Les distributeurs d’assurances santé complémentaires surveillés de près

En plus des assureurs auto, il est question des distributeurs d’assurances santé complémentaires. Lors de la crise sanitaire, ils se sont acquittés d’une taxe de 1,5 milliard d’euros au motif qu’ils avaient réalisé des économies quand les Français ne pouvaient pas sortir pour se soigner ou s’équiper de lunettes, par exemple. Là encore, les appels à la modération tarifaire ne passent pas. « Quand la consommation médicale augmente significativement, il n’y a pas de miracle », s’énerve un acteur du secteur.

Les principaux concernés n’hésitent pas à rappeler que leurs dépenses ont augmenté en 2021. Ils font également part de l’augmentation des remboursements liés à la mise en œuvre de la réforme du « 100 % santé ». Elle permet une prise en charge par la Sécurité sociale et les assureurs de la totalité des dépenses réalisées chez les opticiens, les dentistes et les audioprothésistes.