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Inflation : les plus modestes au cœur de l’action du gouvernement ?

Pour faire face à l’inflation, le gouvernement devrait se diriger vers des aides ciblées en direction des ménages les plus modestes.

Inflation
Pixabay/Bru-nO

L’inflation n’en finit pas de préoccuper les Français. Mais le gouvernement, qui continue d’en faire une priorité à traiter, devrait orienter son action en direction des foyers les plus modestes. C’est en tout cas ce qui ressort des propos tenus par la Première ministre à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, relaie Les Echos. Le week-end dernier, Élisabeth Borne a ainsi évoqué la possibilité de prolonger le bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité à partir de janvier 2023 pour les plus modestes. Le scénario le plus plausible serait de le réserver aux cinq premiers déciles, afin que ceux qui travaillent ne soient pas lésés.

Il faudra également soulager les dépenses des finances publiques, d’un poids qui atteint aujourd’hui plus de 14 milliards d’euros. Il faudra donc les soulager. Et les aides ciblées succéderont ainsi au quoi qu’il en coûte. Finie également la remise de 18 centimes à la pompe qui devrait laisser place à un « chèque carburant » à destination de certains travailleurs.

L’inflation, un sujet qui fait parler

Le sujet de l’inflation est particulièrement épineux dans l’Hexagone. « La France est le pays qui fait le plus face à l’inflation. Mais un jour, il faudra rembourser. Il faut faire admettre aux Français que le prix de l’énergie augmente et protéger les plus faibles », préconise Hippolyte d’Albis, professeur à l’École d’économie de Paris. Il se demande par ailleurs si « dans la situation politique actuelle, l’Etat peut faire moins ». Et en attendant l’examen du projet de loi sur le pouvoir d’achat qui devrait débuter à l’Assemblée le 18 juillet, le gouvernement ne cesse d’envoyer des signaux aux oppositions pour éventuellement y incorporer certaines propositions.

Car la question de l’énergie aussi inquiète. En effet, la Russie ne fournira plus l’Europe en gaz à compter de lundi 11 juillet. Officiellement pour des raisons techniques de maintenance. Officieusement en raison des sanctions prononcées à l’encontre du pays à la suite à son invasion de l’Ukraine. Le robinet devrait néanmoins être rouvert dans dix jours. « L’hypothèse d’une rupture des approvisionnements russes est crédible », ont toutefois prévenu Élisabeth Borne et Bruno Le Maire. La sobriété énergétique devra donc être généralisée au sein des ménages. Mais également dans les entreprises ou même les administrations. « Il faut prévoir des plans de délestage et regarder de manière très fine […] quelles sont les entreprises qui devraient réduire leur consommation d’énergie et quelles sont celles qui ne le peuvent pas », a prévenu le ministre de l’Economie.

La construction de nouveaux EPR s’érige comme un moyen de réduire la dépendance énergétique de la France par rapport à la Russie. Mais les EPR ne se construisent pas en un jour. Aussi, le gouvernement pense à nationaliser EDF. « Il est temps de reprendre en main vigoureusement la production nucléaire en France », souffle-t-on à Bercy.