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Rénovation énergétique : les Français face aux évolutions réglementaires

Pour faire face à la flambée des prix de l’énergie, la rénovation énergétique est une solution encouragée par l’État. Encore faut-il avoir les moyens de régler le reste à charge. Etat des lieux avec l’opérateur Hellio.

passoires thermiques
Crédit : iStock.

La flambée des prix de l’énergie n’aura échappé à personne. Et pour y faire face, l’une des meilleures solutions peut être la rénovation énergétique des logements. À l’instar de MaPrimeRénov’, des aides sont proposées aux Français pour faire diminuer la part des passoires thermiques dans l’Hexagone. Encore faut-il que ces objectifs soient atteignables par tous. Car pour certains foyers, le reste à charge parfois trop important constitue un frein à des travaux qui permettraient de rendre son bien moins énergivore. En partant de ce constat, Hellio, un spécialiste de la maîtrise de l’énergie a tenté de dresser un état des lieux des évolutions des primes et du reste à charge des ménages modestes et précaires au sujet des dépenses principales. Les différentes évolutions réglementaires ont été prises en charge.

Afin de réaliser son étude sur la précarité énergétique, Hellio s’est à la fois appuyée sur une précédente établie par l’Ademe en 2019. L’entreprise a également collecté des retours terrain et s’est enfin servie de ses propres données moyennes.

La rénovation énergétique impossible pour certains foyers

Au sujet de la rénovation globale d’abord, soutenue par des aides comme MaPrimeRénov’ et le Coup de pouce Rénovation performante en maison individuelle, Hellio observe un reste à charge assez important. Après deux évolutions réglementaires, il était compris entre 35.253 € et 41.664 € au 1er juillet 2022. Une baisse des aides accordées était intervenue le. Les foyers les plus précaires les ont ainsi vu fondre de près de 30% alors que pour les plus modestes la baisse était de 24%. Ainsi, leur reste à charge a respectivement augmenté de 5.292 € et de 3.565 €. Et la hausse s’est accélérée depuis le début du conflit entre l’Ukraine et la Russie qui a entraîné une flambée des matières premières, entre autres.

Pourtant, si l’on cumule MaPrimeRénov’ Sérénité et le Coup de pouce des CEE, ce qui est autorisé depuis 1er juillet 2022, la donne change un peu. Ainsi, les aides augmentent de 116 % pour les précaires énergétiques et 95 % pour les foyers modestes. Le reste à charge pour les précaires retrouve ainsi son niveau de 2021 aux environs de 35.000 €. Une somme toujours trop élevée pour que les ménages modestes ne s’engagent dans une rénovation globale.

Chaudière biomasse et pompe à chaleur/eau

Et au niveau du chauffage ? Il se pourrait bien qu’il faille opter pour une chaudière biomasse ou une pompe à chaleur/air. En effet, depuis le 1er janvier 2021, les aides qui permettent de financer leurs installations sont stables. Seule légère évolution, l’augmentation de 1.000 euros de MaPrimeRenov’ au mois d’avril 2022. Mais le reste à charge reste tout de même de 4.681 euros pour les précaires et 5.681 € pour les modestes. Elle suffit seulement à absorber la hausse des prix des matériaux, les ménages devant même débourser un peu plus en juillet 2022 par rapport à février 2022.

Les travaux d’isolation des murs, eux, subissent des hausses affolantes : + 400% pour les ménages précaires et + 81 % pour les modestes entre janvier 2021 et juillet 2022. Ce poste de dépenses a été fragilisé par deux révisions des aides. De facto, le reste à charge a augmenté de près de 2.700 €. Pour l’isolation des combles ce n’est pas mieux. Le reste à charge moyen pour les personnes à l’origine des travaux, a bondi de 1.200 € à 3.395 € entre janvier 2021 et juillet 2022 pour les précaires et de 1.700 € à 3.955 € pour les modestes.