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Sécheresse : les appels à l’économie d’eau se multiplient, les sanctions tombent

La sécheresse actuelle a poussé le gouvernement à imposer des restrictions d’eau. Des contrôles ont déjà eu lieu et des poursuites pénales sont possibles.

sécheresse

La troisième vague de chaleur et la sécheresse touchent la France. « Le mois de juillet 2022 est le plus sec que nous avons eu depuis juillet 1959 », a affirmé le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu, en déplacement ce lundi 1er août, en Isère. C’est l’un des départements les plus touchés cet été. « On a un déficit de précipitations de 88 % par rapport à ce qui aurait été nécessaire », a-t-il précisé. Selon Météo-France, seulement 9,7 millimètres d’eau sont tombés le mois dernier, rapporte Les Echos. Il fallait remonter à mars 1961 avec 7,8 millimètres pour se rappeler le mois le plus sec jamais enregistré.

En France, l’ensemble des départements ont déjà été placés en état d’alerte « sécheresse ». C’est le premier des quatre niveaux établis par la préfecture d’Ile-de-France. Dans 48 d’entre eux, des arrêtés d’interdiction ont été pris par les préfets, selon le ministre. Les derniers départements qui y échappaient comme les Hauts-de-Seine, Paris et la Seine-Saint-Denis, ont suivi.

« 10 % des contrôles ont donné lieu à des poursuites pénales »

Ces dernières semaines, la carte des arrêtés de restriction de l’usage de l’eau a pris de l’ampleur. Parmi les mesures : des réductions, des interdictions de prélèvements à des fins agricoles, du lavage des voitures, de l’arrosage des espaces verts et des pelouses ou encore du remplissage des piscines privées. La semaine dernière, l’Office français de la biodiversité (OFB) a effectué 2.000 contrôles. « 10 % ont donné lieu à des poursuites pénales », a communiqué le ministre de la Transition écologique.

« La très grande majorité des contrevenants sont de bonne foi », a indiqué le directeur général de l’OFB, Pierre Dubreuil. « Quand on leur dit de ne pas arroser le jardin ou laver la voiture, la majorité des gens ne savaient pas, ne comprennent pas, donc on explique sans verbaliser. » Pour certains « irréductibles », un procès-verbal est dressé : 1.500 euros pour un particulier et 7.500 euros pour les personnes morales, précise le responsable.

« La sécheresse diminue la ressource en eau et la canicule augmente la demande, a indiqué Christophe Béchu. On est dans une situation critique. » Cinq départements étaient en alerte canicule, ce lundi. D’autres devraient leur emboîter le pas mardi et mercredi. Des températures de 39 ou 40 degrés dans le Sud-Ouest sont prévues, a prévenu Météo-France.

Un déficit de précipitations inédit

Avec le dérèglement climatique, l’énorme déficit de précipitations provoque des conséquences multiples. Le bas débit des cours d’eau affecte la production hydroélectrique comme les activités touristiques. Dans certains lacs ou dans les gorges du Verdon, le niveau a considérablement chuté.

C’est également le cas en Lorraine, où le débit insuffisant de la Moselle, perturbe le fonctionnement de la centrale nucléaire de Cattenom. Cette dernière doit puiser l’eau pour refroidir ses installations dans une retenue voisine. De plus, l’eau potable vient à manquer dans plusieurs communes, sans oublie les risques d’incendies toujours aussi élevés.

Chez les agriculteurs, l’inquiétude règne aussi. Sans pluie, les pertes de récolte vont être massives et les rendements risquent d’être affectés. Dans les prairies, l’herbe est tellement sèche que de nombreux éleveurs doivent déjà nourrir leurs animaux avec le foin récolté pour l’hiver.