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En 2022, les entreprises françaises vont augmenter les salaires

Selon une étude, les hausses de salaire accordées par les entreprises françaises en 2022 devraient s’approcher des 3,1 %.

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Crédit : iStock.

En France, l’inflation vient d’atteindre 6,1 % fin juillet, l’occasion pour les entreprises d’augmenter les salaires ? Selon une enquête du groupe WTW (Willis Towers Watson, ex-Gras Savoye), les hausses de salaire accordées par les entreprises françaises en 2022 devraient s’approcher des 3,1 %, précise Le Monde. Ce chiffre reste faible comparé à celui de l’inflation. Cependant, ces augmentations sont en nette progression ces dernières années. De 2010 à 2019, elles n’ont jamais dépassé 2,5 % par an. En 2020, l’année de la Covid-19, la progression était de 2 %.

Pour l’année prochaine, les entreprises envisageraient des hausses de 3,3 % en moyenne, selon l’enquête. « Ce chiffre pourrait même être revu à la hausse à la rentrée, compte tenu des anticipations d’inflation, et atteindre 3,5 %, ce qui serait du jamais-vu depuis 1985 », affirme Khalil Ait-Mouloud, directeur de l’activité enquête de rémunération chez WTW.

Selon les secteurs d’activité, des disparités existent. Les salaires augmentent plus rapidement pour les professionnels du numérique, de la data et de la cybersécurité. Les secteurs de la finance, des nouvelles technologies et les fintech sont également situés « en haut de la fourchette ». D’autres secteurs ne bénéficient pas de générosité salariale. C’est le cas de la banque de détail, de l’agroalimentaire, du tourisme et de l’hébergement-restauration.

De fortes tensions sur le marché du travail

Autre donnée : en matière de salaires, les manageurs et les cadres obtiennent une augmentation de 3,1 % à 3,2 % sur leur fiche de paie. De leur côté, les ouvriers et les agents de maîtrise se contentent de 2,9 % à 3 %. En Europe, les salariés français finissent derrière leurs voisins européens en ce qui concerne l’augmentation. Les hausses anticipées de rémunération sont plus élevées au Royaume-Uni (4%), en Allemagne (3,8 %) et aussi en Espagne (3,6 %). En juillet, la hausse des prix sur douze mois a atteint 9,4 % au Royaume-Uni, 8,5 % en Allemagne et 10,6 % en Espagne.

Pour recruter plus facilement, les entreprises se disent prêtes à faire un effort. Les tensions sur le marché du travail et l’inflation ne leur laissent pas vraiment le choix. « La corrélation entre les pénuries de main-d’œuvre et les hausses de salaire prévues est plus importante que la corrélation avec le rythme d’inflation », précise Khalil Ait-Mouloud. « D’autant que de plus en plus de salariés sont tentés par des aventures professionnelles différentes et que certaines compétences sont moins disponibles sur le marché du travail. »

Pour les salariés, parmi les points les plus scrutés de l’offre d’emploi, on retrouve « la couverture santé, le bien-être personnel, la flexibilité des conditions de travail mais aussi l’engagement sociétal et environnemental de l’entreprise ».