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Paiement fractionné : la fausse-bonne idée ?

Si le paiement fractionné peut permettre au consommateur d’étaler ses paiements, il présente aussi un risque de surendettement.

paiement fractionné

Le consommateur est de plus en plus happé par les propositions de paiement fractionné, désormais disponibles dans de nombreuses enseignes, physiques et en ligne. Le client peut ainsi régler son achat en deux, trois, quatre fois, si ce n’est plus. Et la question de sa réelle utilité a de nouveau été posée mercredi 10 août sur RTL où deux personnalités aux avis opposés ont défendu leur point de vue.

« L’intérêt est assez basique », entame Louis Chatriot, à la tête de la startup française Alma. « Pour le client, c’est l’occasion de pouvoir acheter ce qu’il ne pouvait pas, un peu comme une voiture : je ne peux pas sortir les liquidités tout de suite dont j’ai besoin de prendre un petit crédit.» Et de poursuivre : « Ça va être un crédit sur 3 fois, 4 fois… jusqu’à 12 à 24 fois, sans frais ou avec frais. Ça, ça dépend du marchand ».

Quid des frais éventuels ? « Apple va prendre en charge les frais pendant les périodes de promotion commerciale [de ce nouveau dispositif] et va laisser les clients payer les frais les autres périodes », précise Louis Chatriot. « C’est un crédit à la consommation. C’est très clair. Quand vous prêtez de l’argent à quelqu’un et qu’il rembourse dans le futur, avec ou sans frais, c’est un crédit  », détaille-il.

Paiement fractionné et risque de surendettement

Car le paiement fractionné implique un risque de surendettement. « Ce qui est assez certain aujourd’hui, c’est que cette modalité de paiement n’est pas reconnue comme un crédit à part entière », souligne Matthieu Robin, responsable adjoint aux études à l’UFC-Que choisir. En clair, en souscrivant à une offre de financement comme celle-ci, vous êtes dans le flou : d’abord car il n’est jamais fait mention du terme crédit, mais aussi car le coût final n’est pas indiqué.

« Il y a un manque d’encadrement pour les consommateurs et des risques s’agissant à la fois des tarifs et du mal endettement que cela peut suggérer pour les consommateurs qui sont des gens en difficulté qui viendraient souscrire ce type d’offre », ajoute le spécialiste.