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Inflation : les industriels réduisent les volumes des produits pour cacher la flambée des prix

Alors que l’inflation accélère en France depuis le début de l’année, certaines marques la compensent… en la cachant. Explications.

inflation

On connaissait l’inflation, voici désormais la shrinkflation, ou inflation masquée. C’est en tout cas le constat étayé par l’ONG Foodwatch, relayé par Le Parisien. Certains industriels font le choix de « réduire la taille des produits avec un tarif à l’unité qui n’augmente pas ou peu, mais un prix au kilo ou au litre qui s’envole », explique Camille Dorioz, responsable des campagnes pour Foodwatch France. Une épine dans le pied des ménages déjà acculés par les la hausse des prix à la consommation, selon les chiffres publiés par l’Insee mercredi 31 août.

D’autant plus que les modifications des volumes et des grammages sont presque invisibles pour le consommateur lambda. « Même en mettant côte à côte l’ancien et le nouveau produit, il est parfois difficile de faire la différence », abonde Camille Dorioz. Elle précise que si la pratique n’est pas illégale, « quand les consommateurs le découvrent, ils se sentent trahis ! ». Mais grâce à certains clients à l’œil de lynx, Foodwatch a pu identifier six marques ayant pratiqué la shrinkflation. Pour se défendre, les industriels évoquent diverses raisons, du packaging plus écologique à la vague inflationniste qui a touché les matières premières.

L’inflation se cache dans les détails

Des marques comme Saint-Hubert, Tesseire ou encore Saint-Louis et Kiri ont été épinglées par l’ONG Foodwatch France. Pour le pot de margarine distribué par la première marque, le grammage est passé de 240 à 230g en 2020. De plus, le prix au kilo du produit a depuis augmenté de 18%. L’entreprise a justifié ces évolutions par un « contexte de fortes tensions sur les coûts des matières premières », alors qu’elle tente de transformer ses emballages pour des paquets davantage éco-responsables. De son côté, Saint-Louis met en avant une adaptation de la gamme par rapport aux évolutions de consommation des acheteurs. Ses briques de sucre ont diminué de 100 grammes, passant à 650 grammes.

Pour se défendre, les industriels ciblés par l’ONG expliquent ne pas être hors la loi, étant donné que le grammage ou le titrage apparaissent bel et bien sur les emballages. « Nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas interdire cette pratique, précise Camille Dorioz. Nous demandons juste à ce que les consommateurs en soient informés de manière claire, en accordant la même place que celle pour les promotions ». Enfin, les marques interrogées se protègent en déclarant que les distributeurs définissent le prix final du produit. Attention donc à bien regarder les étiquettes et les emballages, même si vous devrez peut-être passer quelques minutes supplémentaires au supermarché.