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Budget 2023 : le chèque alimentaire et l’indemnité carburant mis de côté

A Bercy, l’initiative du chèque alimentaire est jugée trop compliquée à mettre en œuvre. Pour l’indemnité carburant, Bruno Le Maire a opté pour la poursuite de la remise à la pompe.

bouclier tarifaire
Crédit : iStock.

Des priorités devenues indésirables. Malgré l’inflation galopante, le chèque alimentaire et l’indemnité carburant pour les plus modestes ont été remis au placard par Bercy, indiquent Les Echos. Ils ne figureront pas au prochain projet de loi de finances (PLF) pour 2023, victimes notamment du contexte budgétaire délicat.

Tout d’abord, la question du chèque alimentaire. Proposé par la Convention citoyenne pour le climat, puis promis par Emmanuel Macron en décembre 2020, ce dispositif, qui devait permettre aux ménages précaires d’avoir accès à des produits alimentaires français de qualité, a toujours suscité l’opposition de Bercy. Cette initiative est jugée trop compliqué à mettre en œuvre.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, s’est exprimé sur la question, lundi matin : « Nous ne sommes pas parvenus à construire un dispositif qui soit opérationnel et rapide. Nous avons donc fait l’indemnité inflation en cette rentrée qui dans le fond se substitue à ce chèque alimentaire », a-t-il précisé sur LCI.

Des désaccords sur les dispositifs au sein du gouvernement ?

Les distances sont-elles prises entre Bruno Le Maire et Elisabeth Borne, pas toujours en accord sur la taxation des « superprofits » ? Du côté de la Première ministre, ce projet reste une option envisageable malgré son absence du PLF. « Le travail de réflexion pour la mise en place d’un dispositif durable se poursuit, l’idée n’est pas du tout abandonnée », déclare-t-on à Matignon.

Des doutes sur le projet existent au sein de la majorité. « Les propos de Fabien Roussel opposant la France qui travaille à la ‘France des allocs’ n’arrivent pas par hasard ; il y a une crispation de plus en plus forte au sein de la population à l’égard de la distribution de chèques dont chacun s’estime injustement privé. Même si c’est un outil techniquement utile pour cibler les aides, il s’avère politiquement de plus en plus difficile à manier », affirme un membre influent du dispositif gouvernemental.

Quant à l’indemnité carburant qui devait cibler les plus modestes, Bruno Le Maire a préféré opter pour la poursuite de la remise à la pompe pour tous les automobilistes, soit 30 centimes en septembre et octobre, puis 10 centimes en novembre et décembre. Cette stratégie a permis de trouver un accord avec LR sur le vote du budget rectificatif cet été.

Depuis, le dispositif n’est plus d’actualité. « Le cours du baril a beaucoup diminué et la tendance devrait encore se poursuivre avec le ralentissement généralisé de l’économie », analyse un membre de la majorité. Priorité est donnée au bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité.