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L’absentéisme progresse dans les entreprises françaises

Selon le 14e baromètre de l’absentéisme, au total, les Français s’absentent 22,6 jours par an et par salarié.

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En France, en 2021, l’absentéisme a diminué de 10 % par rapport à 2020, selon les résultats du 14e baromètre de l’absentéisme et de l’engagement Ayming-AG2R La Mondiale. Pourtant, les absences restent nettement supérieurs à leur niveau d’avant-crise sanitaire avec un taux de 6,19 % de salariés manquant à l’appel dans les entreprises, contre 5,54 % en 2019. Au total, les Français s’absentent 22,6 jours par an et par salarié, rapporte Le Figaro. 37 % des salariés sont concernés par au moins une absence dans l’année.

De plus, depuis 2015, le constat est là : l’absentéisme a augmenté de 36 %. Le taux d’absentéisme pour les arrêts de travail supérieurs à 90 jours est, lui, passé de 2,82 % en 2019 à 3,14 % en 2021. Ce phénomène s’installe de manière durable. Le secteur de la santé est le plus affecté par ce fléau.

Cependant, 25 % des salariés déclarent un accroissement de leur investissement au travail en 2022

Dans le détail, 45 % des arrêts en 2021 sont dus à des causes professionnelles (accidents du travail, maladies professionnelles, burn-out), avec une augmentation sensible des épuisements professionnels. « Cet absentéisme qui n’est pas conjoncturel, mais structureltraduit une transformation majeure dans le rapport au travail, sans que les entreprises en aient pleinement pris la mesure », souligne Denis Blanc, directeur général d’Ayming. Plus de la moitié des personnes sondées (55 %) jugent que le travail a un impact sur leur état de santé.

En revanche, une note positive dans ce contexte : 25 % des salariés déclarent un accroissement de leur investissement au travail en 2022, contre seulement 16 % début 2021. Mais les facteurs d’engagement évoluent. La dimension individuelle s’impose sur le collectif. Les collaborateurs privilégient désormais l’aspect financier, puis l’équilibre vie professionnelle-vie privée et l’autonomie. « Avant, il y avait une motivation collective dans le top 3, aujourd’hui les relations de travail sont reléguées en cinquième position. Il est important que les entreprises prennent en compte les motivations des collaborateurs », déclare Denis Blanc.

Le désinvestissement qui conduit à l’absentéisme a aussi un coût. Il est évalué à 108 milliards d’euros, soit 4,7 points de PIB perdus, selon une étude de l’Institut Sapiens de 2018. « Or 1 % d’absence coûte 1 % de masse salariale à une entreprise, ce qui représente 15 % de pertes sur leur marge », précise Denis Blanc.