Se connecter S’abonner

Chômage : l’abandon de poste n’octroiera plus de droits

En cas d’abandon de poste, les salariés devront désormais attendre quatre mois avant de percevoir leurs indemnités chômage, à l’image des salariés démissionnaires.

assurance chômage
Photo Sipa.

Les salariés ayant abandonné leur poste verront bientôt leurs droits au chômage modifiés. Mercredi 5 octobre 2022, les députés ont adopté l’amendement qui prévoit de considérer l’abandon de poste comme une démission, rapporte l’Humanité. Le texte proposé par Les Républicains et soutenu par le parti présidentiel supprimera ainsi les indemnités chômage des personnes licenciées à l’issue d’un abandon de poste.

« Le phénomène est en augmentation constante », a argumenté Carole Grandjean la ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle. Selon elle, grâce à cet amendement, la situation pourra progressivement être endiguée. Le député LR Jean-Louis Thiériot, à l’initiative du texte explique qu’il a « rencontré depuis des mois toute une série d’entreprises qui sont victimes d’abandons de poste du jour au lendemain par quelques salariés (…) qui l’utilisent pour obtenir le chômage ». Néanmoins, aucune étude ne permet d’étayer ce propos, ou que ledit abandon de poste peut causer des dommages aux employeurs. Et rien ne permet de garantir l’impact d’un tel amendement sur les personnes qui perçoivent des indemnités chômage.

Quatre mois avant de percevoir les indemnités chômage

Pour Olivier Dussopt, le ministre du Travail, l’absence de ces données n’est pas un souci. Avant le vote, il a admis l’existence d’une « faille », et ce « dans la mesure où un salarié qui procède à un abandon de poste a accès à des conditions d’indemnisation plus favorables qu’un salarié démissionnaire ». Ainsi, en cas d’abandon de poste, les salariés devront désormais attendre quatre mois avant de percevoir leurs indemnités chômage.

Pour pouvoir prétendre à des allocations, il faut que les personnes démissionnaires remplissent des critères précis (rapprochement de conjoint, création d’entreprise). « La véritable solution serait d’arrêter de faire le distinguo entre les démissions légitimes et illégitimes, entre le chômage soi-disant volontaire ou involontaire, et de proposer à toute personne de bénéficier du chômage », propose Denis Gravouil, de la CGT, dans les colonnes de nos confrères.

Du côté de la majorité et des Républicains, on considère l’abandon de poste comme un moyen facilité d’obtenir des allocations chômage. Le syndicaliste nuance ce propos : « Ce sont surtout des employeurs qui conseillent à leurs salariés d’abandonner leur poste quand ils veulent s’en séparer sans signer une rupture conventionnelle », déclare-­ t-il. Les salariés en souffrance pourraient également être fragilisés par ce nouvel amendement, dans le cas où ils se verraient refuser une rupture conventionnelle. Il s’agit d’un danger pour « la protection des salariés », ont estimé des parlementaires de la Nupes.