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ZFE : vers un passe provisoire pour les conducteurs de voitures polluantes ?

Pour les deux députés à l’initiative du rapport, il s’agirait de revoir le système des ZFE en profondeur. En ce sens, ils ont ainsi listé une vingtaine de recommandations.

ZFE
MASTAR_mastar01/Credit:M.ASTAR/SIPA/1701171053

Faut-il revoir les modalités attachées aux zones à faibles émissions (ZFE) ? C’est toute la question que posent Bruno Milienne et son collègue Gérard Leseul, respectivement députés des Yvelines et de Seine-Maritime dans un rapport qu’ils ont co-rédigé avant de le présenter à l’Assemblée nationale mercredi 12 octobre, explique Le Parisien. Depuis le 1er septembre, dix métropoles françaises interdisent aux véhicules les plus polluants d’y circuler. Seulement, l’information n’est visiblement pas parvenue jusqu’aux oreille de tous les automobilistes.

Pour les deux députés à l’initiative du rapport, il s’agirait de revoir le système des ZFE en profondeur. En ce sens, ils ont ainsi listé une vingtaine de recommandations. Parmi celles-ci, on retrouve une proposition similaire au modèle strasbourgeois : la mise en place « de façon transitoire » d’un « passe ZFE » afin que les conducteurs des véhicules à fortes émissions puissent ponctuellement rouler dans le périmètre d’une de ces zones. « Sur ce modèle, on pourrait très bien proposer deux entrées possibles par mois pour aller voir son médecin, aller au théâtre ou rendre visite à un proche à l’hôpital », précise Gérard Leseul.

45 métropoles et agglomérations concernées par les ZFE en 2025

Les deux parlementaires s’accordent sur la dimension pédagogique dont manquent actuellement les ZFE. « Certains automobilistes s’en sentent exclus alors qu’ils entretiennent bien leur voiture, ne l’utilisent qu’occasionnellement et voient circuler tous les jours de gros 4×4, dotés d’une vignette Crit’air 1, qui consomment pourtant énormément », abonde le député de Seine-Maritime. Avec son homologue, ils enjoignent un lifting des vignettes Crit’air qui, selon eux, devrait intégrer des critères de poids, de consommation et d’entretien du véhicule.

Surtout, il faudra que ces ZFE soient davantage médiatisées ; en gardant à l’esprit que, d’ici 2025, 45 métropoles et agglomérations seront concernées par les ZFE. « 60 % des sondés ignorent ce qu’est » s’insurgent-ils auprès de nos confrères, évoquant un sondage Harris réalisé en 2021. « Les personnes précaires et celles qui habitent dans des territoires périphériques aux ZFE ont été particulièrement peu associées aux processus de concertation, alors qu’elles comptent parmi les populations les plus impactées par le dispositif », complètent les députés.

Enfin, ils préconisent l’importance de surveiller le risque d’une « grogne sociale » des plus modestes. « Il y a un sentiment d’exclusion d’une partie de la population, commente Gérard Leseul. Il est donc nécessaire de recentrer l’ensemble des aides vers les plus modestes qui n’ont pas les moyens de changer de voiture ». Selon un calcul des députés, le « reste à charge moyen de ceux qui bénéficient d’aides demeure supérieur à 20 000 euros » pour acquérir une voiture plus contemporaine. Il faudrait, selon eux, les « augmenter et mieux les cibler ».