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Pouvoir d’achat : appauvrissement en vue !

Malgré les revalorisations enclenchées durant la période estivale, la compensation des pertes de pouvoir d’achat observées durant le premier semestre de 2022 ne serait que partielle.

pouvoir d'achat
Crédit : iStock.

Moins de pouvoir d’achat pour les Français. C’est ce que prévoit l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), mercredi 12 octobre 2022. En clair, les Français vont s’appauvrir dans les deux années à venir, revenant à un niveau sensiblement similaire à celui de 2019, expliquent Les Echos. Ainsi, selon les prévisions de l’OFCE, le pouvoir d’achat des ménages sera amené à diminuer de 0,1% en 2022. Si on le mesure par unité de consommation (UC), il recule de 0,6%.

À la reconquête du pouvoir d’achat

Malgré les revalorisations enclenchées durant la période estivale, la compensation des pertes observées durant le premier semestre de 2022 ne serait que partielle. « La baisse la plus forte depuis quarante ans », abonde l’institut de conjonctures. Et cela ne devrait pas s’arranger en 2023, avec une contraction de 0,3%. Des chiffres que Bercy n’avait pas anticipés, probablement en raison d’une différence d’appréciation de l’évolution du marché de l’emploi. « Nous anticipons un retournement avec une remontée du taux de chômage à 8 % l’an prochain et la destruction de 175.000 emplois. Cela va peser sur la dynamique salariale », détaille Mathieu Plane, économiste à l’OFCE. Du côté du gouvernement, on estime à plus de 100.000 le nombre de créations d’emploi l’an prochain, « qui viendront soutenir les revenus des Français » souligne-t-on. 

Aussi, les Français continueront de vivre au rythme de l’inflation qui réduit leur budget, estimée par l’institut à 4,2% en moyenne en 2023, au regard de plusieurs paramètres (prix du baril, du gaz et de l’électricité). Et la consommation en sera nécessairement impactée, selon l’OFCE. Cependant, « une plus grande utilisation de l’épargne pourrait modifier à la hausse notre scénario de croissance », admet Mathieu Plane. Le défi de maintenir le déficit public à 5% en 2022 reste ainsi important, en pareil contexte. Selon l’OFCE, il faudra plutôt tabler sur 5,2%, car les recettes fiscales sont peu dynamiques, que les prélèvements obligatoires vont baisser et que la dette a vu sa charge d’intérêts bondir.