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Energie : les régions contraintes de supprimer des trains ?

En région Bourgogne-Franche-Comté, les factures d’énergie liée aux TER représentent un surcoût de 28 millions d’euros en 2022.

Energie
Crédit: iStock.

L’été caniculaire a permis de constater l’importance du transport ferroviaire pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais comment financer cette montée en puissance des trains ? Et comment gérer l’explosion des prix de l’électricité dont on sait que les trains régionaux sont gourmands ?

L’Etat et les collectivités locales se déchirent sur le sujet. Si l’on s’en tient aux textes, les régions doivent assumer ces surcoûts. Mais pour Jean Rottner, président de la région Grand Est, il faut changer les règles : « Beaucoup de présidents de région sont en train de dire que si à un moment donné il n’y a pas une forme de remise en cause du système (…), on va à notre perte, c’est-à-dire qu’on va fermer des lignes, clairement. »

« Non au passe Navigo à 100 euros »

Ces derniers temps, les factures d’énergie liée aux TER explosent. En région Bourgogne-Franche-Comté, cela représentera un surcoût de 28 millions d’euros cette année et d’une cinquantaine de millions en 2023. « Si ces surcoûts nous sont appliqués, nous ne pourrons pas suivre, affirme Michel Neugnot, vice-président de la région Bourgogne-Franche-Comté en charge des transports. Du coup, nous pourrions réduire la fréquence des dessertes ferroviaires. Par exemple, assurer 23 Besançon-Dijon par jour au lieu de 26 actuellement. »

Comme l’a rappelé le ministre des Transports, Clément Beaune, l’Etat n’est pas prêt de bouger. Mais les collectivités locales ne désespèrent pas. En revanche, hors de question d’augmenter le prix des billets ou des abonnements. « Cela viderait les trains », juge Michel Neugnot. En Ile-de-France, Valérie Pécresse a baptisé son plan « Non au passe Navigo à 100 euros ». Il coûte actuellement 75,20 euros par mois dans la capitale.

Les régions, en recherche de solutions, regardent du côté des opérateurs de transport. « La SNCF, qui gagne de l’argent cette année, doit faire un effort et ne pas appliquer strictement les clauses d’indexation prévues en cas de hausse des prix de l’énergie », analyse Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région Occitanie, en charge des Transports. Valérie Pécresse, elle, a obtenu que la RATP et la SNCF lui versent chacune 100 millions d’euros pour compenser toutes ces hausses. Mais le bras de fer entre les régions et l’État, risque de perdurer.