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Salariés placardisés : pourquoi 10 milliards d’euros s’envolent chaque année

En France, ces salariés placardisés représenteraient moins d’un pour cent de la masse totale de salariés de l’Hexagone. Explications.

emploi des seniors
Happy senior throwing money on the beach

200.000. C’est le nombre de salariés placardisés que compterait France, selon une note sur l’emploi des seniors établie par l’Institut Montaigne et relayée par les Echos, mardi 25 octobre 2022. Chaque année, ces employés payés ‘à ne rien faire’ coûteraient 10 milliards d’euros par an, tous secteurs et tous profils de salariés confondus. Et la placardisation peut prendre différentes formes : absence de sens ou d’intérêt des tâches effectuées, si il y en a, retrait du collectif de travail, absence de suivi par la hiérarchie … De quoi pouvoir s’apparenter à du harcèlement moral.

Salariés placardisés et atteintes psychologiques

Face à une potentielle qualification juridique, le non-dit est de mise des deux côtés. « Les mises au placard restent un sujet ultra-tabou, encore plus violent quand il concerne les seniors », commente Franck Morel, avocat chez Flichy Grangé et auteur de la note. Pourtant marginales car elles ne concernent même pas 1% des salariés, le coût direct et indirect provoqué par ces mises au placard, incluant les salaires des concernés, payés « pour un travail qui a priori n’a pas d’autre utilité que le maintien en emploi » s’avère important. Et ce pour deux raisons principales : l’incapacité de l’employeur à licencier le salarié ou la supériorité des coûts qui y sont associés.

Les dépenses d’assurance-maladie induites sont également comprises dans ces 10 milliards d’euros. Car en étant ainsi mis à l’écart, les salariés sont touchés par des atteintes psychologiques importantes, et par conséquent se voient prescrire des arrêts de travail. « À cet égard, il est notable que les troubles psychologiques sont aujourd’hui la deuxième cause d’arrêt maladie en France et connaissent une forte hausse : 20 % en 2022 contre 11 % en 2016 », regrette l’Institut Montaigne. Pour le centre de réflexion libéral, il faut « faire la lumière » sur le sujet. Il encourage une « action nationale pour sensibiliser les entreprises, les syndicats et les DRH sur son caractère nocif ». Enfin, les axes de prévention de la médecine du travail pourraient investir les placards.