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Energie : la facture du bouclier tarifaire plus lourde que prévu

Au total, le rapport compte 60 milliards supplémentaires pour le coût des mesures face à la crise énergétique.

Energie

Face à la crise énergétique, le Gouvernement ne lésine pas. L’inflation reste forte et la facture des mesures prises depuis 2021 pour tenter de la contrer pourrait s’élever jusqu’à 170 milliards d’euros à l’horizon 2027, selon le rapport récent de Jean-François Husson, le rapporteur général du Budget au Sénat (LR), indique Les Echos. Gabriel Attal, le ministre délégué aux Comptes publics a déjà annoncé 110 milliards d’euros pour « les dépenses engagées par l’Etat pour soutenir les ménages, les collectivités locales et les entreprises face à l’envolée des prix de l’énergie ».

Cette somme représente la totalité des sommes engagées entre 2021 et 2023. Elle reflète le poids du bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité. Pour rappel, la compensation versée aux fournisseurs de gaz est de 19,6 milliards d’euros sur trois ans. En revanche, le manque à gagner des fournisseurs d’électricité atteint 35,7 milliards d’euros.

21 milliards d’euros supplémentaires à la facture globale

En réalité, une partie du coût du bouclier tarifaire ne sera comptabilisée pour les finances publiques qu’en 2024. Ainsi l’Etat devra encore débourser 19,8 milliards dans deux ans pour les fournisseurs d’électricité au titre des mesures décidées cette année et 0,9 milliard pour les fournisseurs de gaz. Soit près de 21 milliards d’euros supplémentaires pour la facture globale, selon les données recueillies par le Sénat.

Par ailleurs, la trajectoire budgétaire à l’horizon 2027 du gouvernement repose sur « l’hypothèse d’un maintien du bouclier tarifaire jusqu’en 2027 », selon Jean-François Husson. L’exécutif a bâti son scénario budgétaire en partant de l’idée que le volet fiscal du bouclier tarifaire sur l’électricité – la baisse de la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE) – serait a priori reconduit chaque année jusqu’en 2027.

« Principe de prudence », prévient Bercy. Au total, cette seule mesure augmente la facture de 10 milliards par an (40 milliards en cumulé jusqu’en 2027). Au total, le rapport compte 60 milliards supplémentaires pour le coût des mesures face à la crise énergétique. « Que l’exécutif anticipe une baisse de la TICFE jusqu’en 2027, c’est plutôt prudent. Mais au total, le coût paraît démesuré pour les finances publiques, et la dégradation aurait pu être moindre si l’exécutif avait eu des aides plus ciblées. Nous payons aussi les mauvais choix énergétiques depuis dix ans », affirme Jean-François Husson.