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Corrida : une manne économique, vraiment ?

Les spectacles de corrida généreraient un chiffre d’affaires établi entre 40 et 50 millions d’euros par an, selon le fondateur de l’Observatoire national des cultures taurines, une association pro-corrida.

Corrida
Built as a Roman Arena in the 1st century, the Arles Amphitheater has served many purposes over the years – gladiatorial arena, town fortress, etc. Now games, bullfights, and concerts are hosted there.


Interdire la corrida au nom du bien-être animal. Telle est l’ambition que porte le député de La France Insoumise (LFI), Aymeric Caron, qui a choisi le jeudi 24 novembre pour descendre dans l’arène et défendre un texte en ce sens, à l’occasion d’une session parlementaire. A en croire les opposants à cette proposition de loi, perdre cette « tradition », selon leurs propres mots, reviendrait à amputer de plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires certaines régions où se tiennent les représentations, explique Ouest France.

Plus précisément, les spectacles de corrida généreraient un chiffre d’affaires établi entre 40 et 50 millions d’euros par an, selon le fondateur de l’Observatoire national des cultures taurines, une association pro-corrida créée en 2008, André Viard. Soit six fois moins que ce qu’a rapporté le tournoi de Roland-Garros en 2022.

Trois régions autorisées à pratiquer la corrida

En France, seules trois régions sont autorisées à la pratiquer : l’Occitane, la Nouvelle-Aquitaine et la région PACA. Dans le détail, selon André Viard, il existe actuellement 56 villes taurines dans l’Hexagone, avec un rythme de 100 à 110 corridas par an. En intégrant les différentes pratiques de la corrida, il estime le nombre de taureaux tués chaque année inférieur à 1.000. Au niveau de la fréquentation, plusieurs visions s’opposent. La présidente de l’association nîmoise Alliance Anticorrida, Claire Starozinski, estime que les chiffres sont inférieurs à ceux de 2019 pendant qu’André Viard affirme l’exact opposé.

Mais les aficionados et fervents défenseurs de la corrida érigent la pratique en véritable moteur économique des férias, ces fêtes typiques du sud de la France. Au regard des chiffres ce n’est pas faux : Nîmes empoche 60 millions d’euros par an à l’occasion de ces festivités, Arles en récolte 12 millions.

Cependant, ces chiffres sont à nuancer : en effet, comme l’a d’ailleurs rappelé Aymeric Caron, si les personnes se déplacent en masse durant les férias ce n’est pas forcément pour assister à une corrida. D’ailleurs, si Nîmes peut se targuer d’attirer un million de personnes durant ces périodes, son arène ne comprend que 13.800 places. Selon Claire Starozinski, le nombre de corridas nîmoises, qui était de 9 jusqu’en 2013, est passé à 6 depuis 2020, pour les férias de la Pentecôte.