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Transports : tout savoir sur le projet d’extension du RER en France

Pour désengorger les grandes villes de France, Emmanuel Macron souhaiterait développer ces transports qui, pour l’instant, n’existent qu’en Ile-de-France.

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Crédit: iStock.

Développer le réseau express régional (RER) dans les principales villes de province. Tel est le dessein du chef de l’Etat, qui a explicité cette idée dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, dimanche 27 novembre 2022. Si l’idée n’est pas nouvelle, encore faut-il y mettre les moyens nécessaires et faire preuve d’un réel courage politique, selon Le Parisien.

Car développer ce réseau de trains qui peut rouler sur les mêmes rails que les TER dans d’autres villes permettrait de désengorger celles-ci, notamment en raison de la fréquence bien plus rapprochée des RER par rapport aux TER. « Sur le RER, tout est optimisé, la circulation des trains, leur capacité mais aussi l’ouverture et la fermeture des portes qui sont plus rapides que sur TER, raconte un cadre de la SNCF. Au cœur de Paris, aux heures de pointe, sur la ligne B du RER, vous avez un train toutes les trois minutes. » La fréquence pourra-t-elle être la même dans les villes de province ? « Non, selon ce même cheminot. On sera plutôt dans ce qui existe en grande couronne parisienne, autour du quart d’heure. »

Un réseau de transports coûteux

Pour l’instant, rien ne permet de savoir quelles villes seront concernées. « SNCF réseau avait réalisé une carte avec une vingtaine de projets. On peut penser que des métropoles où les projets sont déjà avancés seront concernées », souffle le député Renaissance des Vosges David Valence, qui est également président du Conseil d’orientation des infrastructures (COI). Ainsi, des villes comme Lyon, Bordeaux, Lille ou Strasbourg devraient figurer sur la liste, et être rejointes par des municipalités comme Grenoble ou Nantes.

Niveau budget, « rien n’est encore décidé », se murmure-t-il dans l’entourage du ministre des Transports, Clément Beaune. Mais plusieurs scénarios sont déjà à l’étude. « Soit une enveloppe d’une dizaine de milliards d’euros sur dix ans, soit une enveloppe d’une trentaine de milliards sur vingt ans, détaille le président du COI auprès du média. Nous devons en discuter. Elle ne sera pas débloquée dès l’année prochaine, mais plutôt à horizon 2025-2026. »

Pour sa mise en route, la tâche ne sera pas forcément compliquée. « Un RER est plus facilement finançable, selon un administrateur de SNCF réseau. C’est plus rentable. Vous transportez plus de monde, donc ce sont des gares plus remplies qui intéressent les annonceurs. Et outre l’État et la SNCF, il y a davantage d’acteurs qui peuvent participer. » Dans le cadre des « contrats de plan État-Région » (CPER), en cours de négociations pour un renouvellement en juin 2023, de premiers accords pourraient ainsi être pris.

Des projets qui pourraient aboutir d’ici cinq ans

« En France, les transports récupèrent seulement 10 % des taxes perçues sur les énergies fossiles, pointe Philippe Tabarot, sénateur LR, membre de la commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable. Pourquoi ne pas en flécher davantage ? ». « Les contrats de concession d’autoroutes vont bientôt être renégociés, observe de son côté Jean-Marc Zulesi. Les sociétés pourraient participer au financement des RER. » Les coûts de fonctionnement, eux, restent un grand mystère. « Qui dit plus de trains, dit plus de dépenses, avertit Philippe Tabarot. Or les Régions déboursent déjà 880 millions d’euros de péages par an et ces derniers vont augmenter de 25 % d’ici 2026. »

A Strasbourg et à Bordeaux, le projet a déjà bien avancé et pourrait aboutir d’ici cinq ans. Pour le reste des villes, « une dizaine d’années semble être un horizon pertinent », chiffre un des acteurs. Chaque métropole devra décider entre deux options : créer une nouvelle ligne ou aménager un tronçon existant. Deux possibilités qui feront varier la date de mise en service. Enfin, la SNCF aura du pain sur la planche car elle devra trouver des moyens humains pour effectuer les travaux.