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Récession : la mise en garde de Michel-Édouard Leclerc

Selon Michel-Édouard Leclerc, les demandes excessives de certains industriels en matière de hausse des prix laissent craindre une récession.

hausse des prix
Crédit: iStock.

La France a connu une inflation de 6,2% sur un an en novembre 2022, selon les données de l’Insee. Des chiffres qui tiennent cependant compte des mesures « bouclier » prises par les pouvoirs publics, notamment dans le secteur de l’énergie. Mais pour ce qui est des biens de consommation courante, en particulier l’alimentaire, la hausse des prix a été nettement plus importante, a une nouvelle fois rappelé Michel-Édouard Leclerc sur BFM Business. Le président du comité stratégique des centres E. Leclerc est actuellement en négociations tarifaires avec les fournisseurs. Selon lui, leurs exigences laissent craindre un phénomène de récession début 2023.

La hausse des prix de l’énergie répercutée pour les PME

À l’exception du secteur de l’eau minérale, aucune demande d’augmentation de la part des industriels ne serait inférieure à 10%, affirme-t-il. « La confiserie, c’est de l’ordre de 26% ; le snacking de l’ordre de 21% ; le sucre édulcorant, c’est 48% ; les fromages en libre-service 16% ; les plats cuisinés 22% ; les surgelés sucrés 29% … », a-t-il détaillé. Il ne s’agit que de demandes qui seront certainement négociées à la baisse. « Il ne faut pas paniquer, on est des pros, eux aussi. […] On va trouver des solutions », a-t-il tempéré. Mais il a également agité le risque d’une « récession en janvier ou en février » si trop de hausses arrivent, alors que l’envie de consommer des fêtes se sera estompée.

Souvent critiqué comme étouffant les petits producteurs par des exigences de prix bas, le groupe a signé, jeudi 8 décembre, une charte sous l’égide du Gouvernement. Il s’engage à accepter de répercuter les hausses des PME de l’agroalimentaire, dès lors que celles-ci sont justifiées par l’augmentation du prix de l’énergie. Mais l’accord n’est pas juridiquement contraignant. Une petite entreprise ne pourra donc saisir les tribunaux en cas de non-respect. Michel-Édouard Leclerc assure vouloir adopter une approche « friendly » envers « les plus petits que nous ». Les négociations avec les grands groupes s’annoncent, en revanche, plus âpres.