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CPF : le reste à charge, une erreur sociale et économique pour la ministre à l’origine de sa mise en œuvre

Muriel Pénicaud, à l’origine de la création du CPF, a fait savoir ses craintes concernant la modification à venir du « Livret A de la formation ».

CPF
Muriel Penicaud, ministre du travail //04SIPA_001.0774/2004011627/Credit:Romain GAILLARD/POOL/SIPA/2004011630

Les salariés qui voudront toucher à leur compte personnel de formation (CPF) pourraient bientôt régler un reste à charge, après l’adoption définitive du projet de loi de finances pour 2023. Et Muriel Pénicaud, à l’origine de la création de ce « Livret A de la formation », selon ses propres mots, ne voit pas cette modification d’un bon œil. Elle en a d’ailleurs touché quelques mots au JDD, dimanche 18 décembre 2022.

Le budget alloué au CPF raboté de 400 millions d’euros sur un an

Si l’ancienne ministre du Travail explique avoir rejoint Emmanuel Macron « pour sa vision transformatrice de l’émancipation par le travail et la formation », elle estime qu’il s’agit d’un « contresens par rapport au projet » du président de la République que de modifier un dispositif qui est « une réelle avancée sociale, un grand succès populaire ». « Instaur[er] un reste à charge, quel que soit le coût de la formation, est une erreur sociale et économique, donc politique », assène-t-elle ainsi dans les colonnes de nos confrères.

« Imaginez quand vous êtes au SMIC ! Même 50 euros, c’est 50 euros de trop ! », s’indigne-t-elle. « Les plus modestes et les plus précaires, ceux qui ont le plus besoin de se former, ne pourront pas payer ; un reste à charge de 20 à 30 % est évoqué, c’est énorme ! », abonde Muriel Pénicaud. « Déçue et inquiète », elle enjoint le gouvernement à abandonner cette mesure. Mais avant cela, il faudrait déjà la préciser et ainsi attendre son décret en Conseil d’Etat. Ce dernier indiquera également à quelle hauteur l’employeur peut participer. En raison des coups de frein déjà engagés, le budget alloué au CPF a été raboté de 400 millions d’euros sur un an.