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Entreprises : la cooptation, fer de lance lucratif du recrutement

44 % des petites et moyennes entreprises et 52 % des entreprises de taille intermédiaire et des grandes entreprises ont opté pour la cooptation pour recruter des cadres.

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Pixabay/Tumisu

Beaucoup d’entreprises peinent à recruter, mais elles pourraient avoir trouvé la solution à leur manque de main-d’œuvre. En effet, certaines d’entre elles optent pour la cooptation, le fait de faire intervenir ses salariés dans le recrutement. Car tout le monde y gagne : les postes sont pourvus, et les salariés qui ont aidé à rendre le recrutement possible peuvent bénéficier d’une prime intéressante, explique Le Monde.

Certaines entreprises le pratiquent depuis longtemps. C’est notamment le cas du groupe Up, qui propose des moyens de paiement pour les salariés et les citoyens (titres-repas, chèques-cadeaux…). Elle s’est toujours pratiquée, « mais de façon informelle. L’idée est que, comme on se connaît, on se fait confiance, ce qui est très important dans une coopérative comme la nôtre où le collectif est fondamental », raconte la directrice des opérations de ressources humaines (RH) et expérience collaborateur France, Virginie Linard. D’autres secteurs très touchés par les pénuries de main-d’œuvre ont choisi de solliciter cette option. Celui de la santé, par exemple, mais aussi de la Régie autonome des transports parisiens (RATP). « Nous avons ajouté une nouvelle corde à notre arc pour élargir notre vivier de candidats », détaille le responsable RH du département services et espaces multimodaux de la RATP, Rozenn Boëdec.

Des entreprises diversement généreuses

Pour certains groupes qui font appel à des entreprises de recrutement par cooptation pour garantir des recrutements de qualité.  « Ils constatent davantage de validations de la période d’essai, et les personnes ainsi recrutées restent plus longtemps dans l’entreprise. Plus de 60 % des candidats cooptés passent des entretiens et le taux d’embauche moyen est de 15 %. L’économie de temps, et donc d’argent, est importante. », explique César Recher, cofondateur de Basile. « La cooptation est le gage d’une intégration réussie car la personne cooptée partage les mêmes valeurs », ajoute Virginie Linard du groupe Up.

Et cette forme de parrainage n’est pas gratuite. Chez Up, les compteurs touchent tous 500 euros en chèque-cadeau à la fin de la période d’essai de la personne recrutée, s’il s’agit d’un CDI uniquement. A la RATP, une prime de 200 euros est versée en deux fois. Dans le Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph, la prime atteint 1 000 euros pour une embauche à temps plein et au prorata pour un temps partiel, qu’il s’agisse d’un CDI ou d’un CDD de plus de trois mois. « Afin de booster le dispositif, depuis le mois de septembre et jusqu’à la fin de l’année, la prime de parrainage a été portée à 3 000 euros pour les postes particulièrement critiques : infirmier anesthésiste, infirmier de bloc opératoire et sage-femme », précise le DRH Laurent Canaguier, qui n’est pas pleinement satisfait des résultats. « Notre objectif était de 30 % des recrutements réalisés grâce à la cooptation, nous n’en sommes qu’à 17 %. Le démarrage de notre dispositif est récent mais j’y vois aussi une singularité culturelle liée au secteur de la santé », précise le DRH.

En résumé, la cooptation peut apporter des solutions face aux pénuries de recrutement. Mais il ne faut pas en abuser selon certains experts. « Une bonne politique de cooptation peut aller jusqu’à 30 % des recrutements, mais pas au-delà, prévient Mathilde Le Coz, car il pourrait y avoir un problème de manque de diversité. » Pour la RATP, ce risque n’existe pas : « Notre entreprise accueille des profils très hétérogènes, il n’y a pas de risque de clonage. » Au sujet du piston, « c’est impossible, car toutes les candidatures, qu’elles soient externes, internes, ou via la cooptation, sont traitées de la même façon », détaille Mélanie Gobin auprès de nos confrères. 51 % des directeurs des ressources humaines utilisent la cooptation. En 2021, selon une enquête de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) parue en juin, 44 % des petites et moyennes entreprises et 52 % des entreprises de taille intermédiaire et des grandes entreprises ont opté pour la cooptation pour recruter des cadres.