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SNCF : le week-end du Nouvel An sauvé, mais celui de Noël très perturbé

L’ensemble des organisations syndicales étant parvenues à un accord, les voyageurs pourront circuler normalement sur le réseau SNCF pour le Nouvel An.

SNCF

Un miracle avant Noël. Après plusieurs jours de fortes tensions, un week-end de Noël très perturbé et de nombreux trains supprimés, le conflit des contrôleurs a pris fin vendredi à la SNCF avec la signature d’un accord par l’ensemble des organisations syndicales, qui ont accepté de lever leurs préavis pour le Nouvel An. « Toutes les conditions sont maintenant réunies pour que l’ensemble des chefs de bord reprenne le travail », a indiqué la SNCF qui a salué un accord avec « des mesures fortes pour une vraie reconnaissance du métier de chef de bord ». « Cet accord permet la levée des préavis de grève dans l’objectif d’un retour à la normale dans les tous prochains jours et en particulier pour le week-end du Premier de l’An », s’est félicité le groupe public.

« Le dialogue social permet toujours de trouver le meilleur chemin pour les salariés et les entreprises », a tweeté la Première ministre Elisabeth Borne. « Le service doit désormais être pleinement assuré pour le week-end du Nouvel An », a enjoint le ministre délégué aux Transports Clément Beaune.

Noël gâché pour certaines familles, des négociations pour trouver une issue au conflit à la SNCF

Pour le week-end de Noël en revanche, il est déjà trop tard, comme pouvait en témoigner Johanna Lefevre, 36 ans, accompagnée de son mari et ses deux enfants en gare de Lille Flandres. « On était en vacances à Lille, on devait partir demain mais notre train est annulé. Comment rentrer chez nous ? Si on devait prendre un nouveau billet, cela nous coûterait 500 euros de plus », expliquait la vacancière, qui tentait de monter dans un train direction Aix-en-Provence, sans billets. « On sait que c’est risqué et l’amende peut être très élevée mais on n’a pas d’autre choix. Les bus coûtaient 600 euros, les Blablacar sont plein et on est quatre… » A la gare routière de Bercy à Paris, les cars affichaient tous complet vers 8H00 vendredi matin. Mais « ça arrive souvent à Bercy », relativisait un chauffeur.

Jeudi soir, les négociations se sont étirées jusqu’à 22h30 pour trouver une issue rapide au conflit qui agite la SNCF, soumise à une intense pression du gouvernement. Parmi les mesures actées dans l’accord, la création d’une « direction des chefs de bord » afin de reconnaître les spécificités du métier et d’être plus à l’écoute des problématiques qui pourraient surgir. La prime spécifique pour les contrôleurs va aussi passer de 600 à 720 euros. Et la direction s’est engagée à embaucher 200 contrôleurs supplémentaires en 2023, qui s’ajoutent aux 350 déjà prévus. Enfin, des garanties de déroulement de carrière et de progression de salaires ont été promises par la direction.

200.000 voyageurs laissés à quai

Pour ce week-end, un millier de chefs de bord se sont déclarés grévistes et un train sur trois a été annulé vendredi et deux sur cinq samedi et dimanche, laissant 200.000 voyageurs à quai. Si aucun syndicat n’appelait à la grève, trois – la CGT-Cheminots, SUD-Rail et la CFDT-Cheminots – avaient maintenu leurs préavis pour permettre aux contrôleurs qui le souhaitaient de se mettre en grève.

Ceux couvrant le week-end du Nouvel An ont donc été levés vendredi matin, mettant un terme au conflit, initié par un collectif de contrôleurs formé sur Facebook en septembre. Après avoir entamé un dialogue avec la direction début novembre via les syndicats, le collectif a fini par se désengager ne répondant plus aux sollicitations médiatiques et laissant aux organisations syndicales le soin de négocier.

Vendredi, les clients ont commencé à recevoir des courriels leur proposant une compensation de 200% en bons d’achat, qu’ils aient pu voyager ou non, en plus du remboursement du billet. Le formulaire d’indemnisation en ligne était victime de bugs vendredi en raison d’un grand nombre de connexions, mais la SNCF a rassuré, invitant les clients à effectuer leur demande plus tard puisqu’ils ont six mois pour le faire.

Les trains supprimés ou complets ont poussé de nombreux voyageurs à se tourner vers les autocars, le covoiturage, ou tout simplement la voiture (la leur ou une location, s’ils en trouvent.). Selon Bison Futé, la journée de vendredi risquait déjà d’être compliquée sur la route en Ile-de-France: un pic de bouchons est attendu entre 15H00 et 18H00. Un niveau inhabituel de 244 kilomètres de bouchons était déjà mesuré vers 12H00, selon le site Sytadin.