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Entreprises : le taux de marge devrait baisser en 2023

L’année prochaine, le taux de marge des entreprises pourrait chuter de 0,9 point, passant ainsi à 30,5% en 2023 et 2024, selon la Banque de France.

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Crédit: iStock.

Face à l’inflation galopante, l’exécutif a annoncé vouloir un meilleur « partage de la valeur » entre les entreprises et leurs salariés. Selon les données publiées par l’Insee et la Banque de France, en 2022, le taux de marge des sociétés non financières a nettement baissé. Il atteint en moyenne sur l’année 31,4 % de la valeur ajoutée contre 34,2 % en 2021, indique Les Echos.

« Dans l’ensemble, la situation n’est pas mauvaise », analyse toutefois l’économiste Daniel Cohen. De fait, leur taux de marge est en moyenne revenu au niveau d’avant la crise sanitaire. 2021, en revanche, avait été une année exceptionnelle avec une rentabilité dopée par le « quoi qu’il en coûte » présidentiel.

Une année 2023 difficile ?

Depuis, la donne a changé. La guerre en Ukraine a fait s’envoler les coûts de l’énergie et des matières premières importées. Les coûts salariaux unitaires, soit le ratio des coûts de la main-d’oeuvre sur la productivité du travail, ont eux aussi fortement progressé sous l’effet de l’inflation et de la stagnation de la productivité liée à « une progression de l’emploi plus dynamique que l’activité », explique la Banque de France.

Les écarts entre sociétés ont néanmoins été très importants. « Les évolutions des taux de marge sont contrastées par branches d’activité », précise l’Insee dans sa note de conjoncture de décembre. Ainsi, dans les secteurs de l’énergie et des services de transports, il s’est amélioré pour atteindre un niveau « historiquement élevé ». En revanche, dans le reste de l’industrie, il s’est dégradé de 2 points par rapport à 2018.

En 2023, la situation devrait se compliquer. Confrontées à l’arrivée progressive à échéance des contrats à tarifs fixes, les entreprises vont subir l’augmentation de leurs factures de gaz et d’électricité. En parallèle, elles vont aussi devoir encaisser la poursuite de la hausse des coûts salariaux unitaires. Par conséquent, leur taux de marge pourrait chuter de 0,9 point, passant ainsi à 30,5% en 2023 et 2024, selon la Banque de France.

D’autres éléments comme la hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) vont peser sur l’investissement des entreprises. Au troisième trimestre 2022, il a augmenté de 3%, selon l’Insee, dépassant ainsi de 8% son niveau d’avant la crise sanitaire. Mais une nette décélération est à prévoir à partir de la fin d’année. Au dernier trimestre 2022 comme au cours des trois premiers mois de l’an prochain, l’investissement devrait stagner (+0,1%) avant une reprise progressive. (+ 0,4%).