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Crise énergétique : pour réduire la facture, les villes s’organisent

Face à la crise énergétique, des villes comme Tours ou Limoges ne manquent pas de stratagèmes pour économiser de l’énergie.

crise énergétique

Dans les villes et les villages de France, la crise énergétique ne laisse personne indifférent. À tel point que de nombreux élus locaux scrutent leurs dépenses de gaz et d’électricité, à la recherche de la moindre économie. Première réponse pour réduire la consommation, la réduction de l’éclairage public, un poste de dépense équivalent à 41 % de la consommation électrique d’une commune, en moyenne, explique Les Echos.

La petite ville de Claix, qui comptabilise 8.000 habitants à proximité de Grenoble, qui avait d’abord expérimenté l’extinction des points lumineux sur plusieurs hameaux, a étendu la mesure à tout son territoire depuis le 19 décembre, de 23 heures à 5 heures du matin. « On a décidé de frapper un grand coup », explique Christophe Revil, le maire (divers centre). Grâce à cette mesure, l’élu estime la baisse de la consommation sur l’année entre 30 à 50 %, soit un gain « de 24.000 à 40.000 euros ». Et cet effort important des collectivités n’est pas resté inaperçu. Ainsi, mardi 27 décembre, Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité évoquait « une baisse historique de 20 % de la consommation de l’éclairage public » sur la première quinzaine de décembre, par rapport à la même période en 2021.

Tours et Limoges agissent face à la crise énergétique

À Tours aussi, on agit en faveur de la sobriété énergétique, depuis l’adoption d’un plan par le conseil municipal à la mi-décembre. « Il nous fera faire au moins 5 % d’économies pour l’année 2023. Mais j’espère qu’on aboutira à 10 %, soit 1 million d’euros d’économies », explique l’adjoint au maire délégué à la transition écologique et énergétique, Martin Cohen. « Si on ne faisait rien, on se retrouverait avec une facture énergétique de 11 millions en 2023 », alors qu’en 2022 celle-ci était de 7,5 millions d’euros et 5 millions en 2019 avant la période pandémique, précise-t-il.

L’équipe municipale dirigée par l’écologiste Emmanuel Denis, a également décidé de baisser la température dans les bâtiments municipaux et de mettre en route le chauffage « au bon moment ». Et cela semble porter ses fruits. « Jusqu’à présent, celle-ci se faisait d’un seul bloc pour tous les bâtiments. En l’ajustant au cas par cas, on évite quelques jours de chauffe. Cela peut nous faire gagner 200.000 euros », estime Martin Cohen. De plus, la remise en glace de la patinoire de Tours sera décalée de quelques semaines.

À Limoges, dès la fin des compétitions, le 16 avril, la patinoire olympique sera tout bonnement fermée. L’édile de la commune, Emile Roger Lombertie (LR), entend ainsi contenir ses dépenses énergétiques à 13 millions d’euros maximum en 2023. « En 2022, elles seront déjà supérieures à 11 millions. Pour 2023, on était sur une marche qui nous amenait à 16 millions et qui nous faisait perdre 9 millions d’euros de capacité d’autofinancement. Ce n’est pas possible car il nous faut continuer à investir, en particulier pour la rénovation énergétique des bâtiments », raconte le maire qui augmentera la taxe foncière de ses administrés l’an prochain, une première depuis 2017.

La ville a par exemple diminué la température dans les bâtiments municipaux et les gymnases, ainsi que dans les piscines municipales. Parallèlement, des ampoules LED seront progressivement posées dans les équipements sportifs. Si cela ne suffit pas, l’éclairage public pourrait être éteint à compter de 22h et des piscines pourraient être fermées.