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Automobile : l’année 2022 n’a pas été lumineuse pour l’industrie tricolore

Le marché de l’automobile tout électrique peut néanmoins se féliciter d’une augmentation de 25 % d’unités achetées en un an.

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La demande de carte grise est désormais entièrement dématérialisée. ©iStockPhoto

Sale année pour le marché automobile français qui a reflué de 7,83% en 2022. En dépit d’une embellie ces derniers mois, les difficultés mondiales de livraison et les pénuries de puces électroniques n’ont pas pu être compensées, selon les chiffres publiés dimanche 1er janvier par la Plateforme automobile (PFA). Plus précisément, 1.529.035 voitures particulières neuves ont été mises en circulation en 2022, contre 1.659.003 un an auparavant. Juste avant la pandémie qui a marqué un frein pour le secteur, en 2019, , 2,2 millions de véhicules avaient été mis en vente, selon la même source.

2020 également catastrophique pour l’automobile

Après une année 2020 catastrophique, avec des concessions fermées et une économie morose, le marché n’avait pas rebondi l’année suivante. En 2022, il a finalement rechuté, en dépit de quatre mois de hausse au deuxième semestre. « On est structurellement dans un marché qui a baissé d’un tiers en volume depuis 2019, du fait d’une succession de crises », a déclaré François Roudier, responsable de la communication de la PFA. Ces crises « se cumulent », a-t-il expliqué, énumérant « le problème de la disponibilité des composants électroniques, les difficultés de livraison des véhicules faute de chauffeurs, qui se sont accentuées avec la guerre en Ukraine, l’augmentation des coûts des matériaux et un carburant trop cher ».

« Dans ce contexte de baisse des volumes, souligne François Roudier, les gros équipementiers, qui ont la capacité d’investir, ont misé sur le haut de gamme et sur l’électrique ». Ils parient sur un consommateur sensible à la forte augmentation du prix des carburants à la pompe et aux aides gouvernementales à l’achat de véhicules à faible émission de gaz à effet de serre.

La part des voitures électriques progresse

En 2022, les voitures 100% électriques ont passé le cap des 200.000 unités, soit 25 % de plus que l’année précédente, tandis que le nombre d’hybrides rechargeables a diminué d’environ 10 %, à 126.549 unités, selon PFA. Ce repli des hybrides est notamment dû à la réduction des achats des entreprises. La part des voitures électriques continue de progresser, atteignant 13 % des immatriculations totales en 2022, contre 10 % l’an dernier et à peine 1 % quatre ans plus tôt.

Une progression réalisée essentiellement aux dépens des motorisations diesel, qui représentent moins de 16 % des immatriculations en 2022, en recul de plus de 5 points par rapport à l’année précédente, et dans une moindre mesure de l’essence, qui reste la catégorie la plus choisie par les acheteurs de voitures neuves avec 37 % du marché. « La crise a touché l’ensemble des constructeurs, qui renouvellent moins leur parc, ce qui se répercute aussi sur le marché de l’occasion, qui est incapable de répondre à la demande », selon François Roudier.

Le marché de la voiture d’occasion, qui avait décollé en 2021, est aussi en net repli de 13% avec 5,26 millions d’unités, selon les données provisoires du cabinet NGC Data publiées par l’Argus. « Les constructeurs ont diminué de façon drastique leur nombre de véhicules de démonstration, tandis que les mises à la route ont fortement baissé chez les loueurs de courte durée », avec pour conséquence une baisse de volume de 33% des véhicules d’occasion de moins d’un an et de 25% pour ceux de moins de deux ans, souligne L’Argus.

Stellantis leader, malgré une baisse des immatriculations

Le podium de l’année ne varie pas: Stellantis, fruit de la fusion de PSA (Peugeot, Citroën, DS et Opel) et de FCA (Fiat, Jeep, Alfa Romeo…), reste à la première place sur l’ensemble de 2022 avec 31% du marché des véhicules particuliers, en dépit d’immatriculations en baisse de 14,7 % sur un an.

Son rival le groupe Renault, a mieux résisté, avec 24 % de part de marché, et un recul de 6,6 % des unités vendues par rapport à 2021. Les immatriculations de la marque roumaine Dacia ont continué à progresser (+4,5 %), tandis que celles de Renault ont plongé de 12 %. Peugeot (Stellantis), passé l’an dernier devant la marque au losange, conserve son avance avec 16 % de part de marché, contre 15,5 % pour la marque Renault. Le premier groupe étranger, Volkswagen, a vu ses immatriculations légèrement baisser en 2022, mais la part de marché du géant allemand est inchangée à près de 13 %.

Les voitures préférées des Français en 2022 sont la Dacia Sandero, la Peugeot 208 et la Renault Clio, précise le cabinet AAAData dans un communiqué. 2023 sera sans doute encore « une année tendue sur le marché des voitures neuves » dans un contexte de crise inchangé, estime le cabinet, qui a constaté « une baisse des commandes de voitures neuves en 2022, ce qui aura des répercussions sur le niveau des ventes cette année ».