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Inflation : le poids du panier de courses s’est alourdi en décembre

L’inflation devrait se poursuivre en 2023, tirée par la flambée des prix de l’énergie. Mais aussi par le panier de courses. Détails.

France

L’inflation continue de se faire sentir au moment du passage en caisse. Preuve en est, au mois de décembre 2022, le Panier France Bleu, créé en partenariat avec franceinfo et NielsenIQ, atteint une valeur moyenne de 102,10 euros dans l’Hexagone, soit 0,2 point de plus que le mois précédent. Sur le mois de décembre, le panier est ainsi affiché 1,38 euro de plus qu’en novembre. En moyenne dans le pays, la hausse du panier atteint 14,6 %, ce qui représente 13 euros de plus. Parmi les 37 produits scrutés par nos confrères, ceux qui ont le plus augmenté sur un an restent le paquet de farine (+44,89% entre décembre 2021 et décembre 2022), le papier hygiénique et les steaks hachés.

L’inflation plus contenue dans certains départements

C’est dans les Hautes-Alpes qu’il coûte le plus cher de faire ses courses. Le prix du panier y est de 104,86 euros. Entre décembre 2021 et décembre 2022, le kilo de farine premier prix y a augmenté de 49,14%. Sur un an, c’est également le département où l’inflation est la plus forte, à +16,74 %. La Drôme (+15,94%) et les Bouches-du-Rhône (+15,84%) complètent le podium. Dans ces trois départements, le taux d’inflation est néanmoins en baisse par rapport au mois précédent. « La hausse des prix avait été anticipée dans ces départements », où, en novembre dernier, les prix étaient déjà très élevés, analyse l’expert inflation et prix chez NielsenIQ, Emmanuel Fournet.

Et comme en novembre 2022, ce sont dans les départements de l’ouest de la France que l’inflation a été la plus contenue. Avec un panier moyen évalué à 92,20 euros, la Vendée reste le département où le Panier France Bleu est le moins onéreux. Sur un an, c’est également dans celui-ci que le panier augmente le moins, avec une inflation à 13,16%. Département le plus cher de France, Paris est aussi celui où le panier a le plus augmenté sur un an, atteignant aujourd’hui 121,16 euros. Etant donné que les prix augmentent moins vite là où ils sont plutôt bas et plus vite là où ils le sont déjà, l’écart pourrait encore se creuser.

Les prédictions pour 2023 n’augurent rien de bon

Parmi les produits qui ont le plus augmenté, deux font leur entrée dans le top 5 du panier : les petits pois en conserve premier prix (21 %) et le beurre de marque distributeur (22 %). En ce qui concerne les petits pois, l’augmentation du prix de l’acier qui les contient et la sécheresse constituent deux phénomènes qui ont contribué à faire monter les prix. Présent dans le dernier top 5, le paquet de spaghetti de marque nationale s’en échappe, même si sur un an, il a quand même augmenté de 15 %, contre 21 % entre novembre 2021 et novembre 2022.

Même si les prix ont continué d’augmenter en décembre, « c’est quand même à un rythme moins important que ce qu’on a connu sur l’essentiel de l’année 2022, estime Emmanuel Fournet. Puisque depuis avril, à peu près, on avait un point d’augmentation tous les mois. » Selon lui, l’accalmie devrait se poursuivre jusqu’en mars 2023 : « Il y aura sûrement un effet de pause jusqu’à la fin des négociations commerciales entre les marques et les distributeurs », qui doivent se terminer fin mars. Au-delà de la hausse des matières premières, l’inflation sera surtout tirée par l’augmentation des prix de l’énergie.

« Mais les prix resteront élevés », anticipe l’expert. En effet, à compter du mois d’avril, le calcul de l’inflation se basera sur le prix d’avril 2022, déjà largement fragilisés par l’inflation : l’augmentation paraîtra moins importante mais si on la compare à 2021 ou 2021, celle-ci sera inédite. « Ce sont 2% ou 3 % qui s’ajoutent à 15 % d’inflation en 2022. Donc, on aura 18 % d’inflation par rapport à 2021 qui était le point de départ où on était à peu près à zéro en matière d’inflation. C’est du jamais-vu », souligne Emmanuel Fournet.