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Inflation : vers un panier à plus petits prix dès mars 2023 ?

Cette mesure, destinée à lutter contre l’inflation des produits alimentaires, a déjà été mise en place en Grèce. Explications.

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Crédit : iStock.

C’est un dossier légèrement poussiéreux qui s’apprête à être sorti du carton dans lequel il était rangé depuis plusieurs mois. Plus précisément, c’est en novembre que l’entourage de la ministre déléguée en charge de la Consommation, Olivia Grégoire, a commencé à se pencher sur la conception d’un panier de courses à petit prix afin de lutter contre l’inflation dans la grande distribution, explique Le Parisien. La ministre déléguée compte, dans les semaines à venir, demander aux acteurs du secteur de proposer vingt produits essentiels à prix très bas, avec une mise en place du dispositif au mois de mars.

Si le timing est serré, la version du projet de loi, elle, a été pensée et construite. Plus précisément, selon la dernière mouture du texte, les distributeurs devront sélectionner vingt articles dans vingt familles de produits, avant de les mettre en vente à un prix quasi dérisoire. « Chaque enseigne propose depuis des mois des promotions, mais chacun le fait dans son coin, analyse un expert du secteur. Leclerc a sa politique anti-inflation, Casino ses tickets de réduction, Carrefour ses prix serrés sur certains produits du quotidien. Mais il est difficile de comparer les choses. » Avec une identification claire, les produits à prix cassés seraient là clairement visibles pour le consommateur dans chaque magasin.

Pour lutter contre l’inflation, la Grèce a déjà son panier

En Grèce, le gouvernement a mis en place un dispositif similaire il y a quelques mois. « Chez nous, les aides versées par l’État prennent en charge les dépenses énergétiques principalement, analyse un haut fonctionnaire de Bercy. Mais il est vrai que rien n’est mis en place pour aider les Français à remplir leur chariot. » Et rien ne sera possible sans le soutien de la grande distribution. « Le panier, c’était une bonne idée et j’étais favorable à le mettre en place quand les conseillers d’Olivia Grégoire m’ont contacté cet automne, raconte ainsi Michel-Édouard Leclerc, contacté par nos confrères. Mais là, la donne a changé. »

Le projet de loi du député Frédéric Descrozaille (Renaissance), examiné à l’Assemblée par les parlementaires dès ce lundi, ambitionne de « sécuriser l’approvisionnement des Français en produits de grande consommation ». Et cela s’annonce périlleux. « Si cette proposition de loi est votée, et c’est certainement ce qui risque d’arriver, on ne pourra pas tout faire », prévient Michel-Édouard Leclerc. « Les prix de nos fournisseurs vont augmenter de 15 % en moyenne en mars. Avec cette loi, nous perdons l’avantage des grosses promotions et on nous maintient les 10 % de marge. Aucun distributeur ne peut s’engager à ajouter à cela un panier de produits vendus à prix bas », précise-t-il.

Dans les couloirs du ministère de l’Economie, les avis sur ce projet divergent également. « Aujourd’hui, les prix des marques distributeurs sont déjà très bas, estime un proche de Bruno Le Maire. Je ne suis pas sûr que le consommateur y gagnerait beaucoup. » Sur un ton plus politique, un autre refuse de s’associer à ce qui était également une proposition de Marine Le Pen.

Mais le cabinet d’Olivia Grégoire semble bien décidé à faire valoir ses arguments. « Les grands distributeurs doivent lutter contre la déconsommation, observe un spécialiste. Et janvier reste le mois de tous les dangers, après les fêtes, où les consommateurs lèvent le pied. On voit déjà que les ventes de viande, de produits laitiers ou de fruits et légumes sont assez inquiétantes. Les distributeurs ont tout intérêt à maintenir la consommation. »