Travailleurs frontaliers: les règles de votre indemnisation chômage vont changer

Si vous résidez en France et que vous travaillez dans un pays frontalier, à la perte de votre emploi, c’est l’Unédic française qui vous verse l’allocation. Ce ne sera plus le cas en 2021.

L'Union européenne compte 1,1 million de travailleurs frontaliers. Crédit: Istock

Dans l’Union européenne, ils sont 1,1 million. Chaque jour, ils changent de pays pour aller dans celui d’à côté pour travailler : ce sont les travailleurs frontaliers. Jusqu’à présent, lorsque ces travailleurs perdaient leur emploi, c’était le pays où ils résident qui leur versait l’allocation chômage à laquelle ils ont droit. Par exemple, un Français résidant en Alsace et travaillant en Allemagne, dès lors qu’il perd son emploi, l’Unédic via Pôle emploi l’indemnise. Ses droits sont identiques à un ayant-droit français. Et le pays où travaillait le salarié remboursait à la France une partie des allocations chômage versée, explique Dossier familial.

Un accord européen

Les règles vont bientôt changer. Les institutions de l’Union européenne (Commission européenne, Conseil et Parlement) se sont mises d’accord mi-mars pour modifier ce système. En 2021, le travailleur frontalier qui a perdu son emploi sera indemnisé par le pays où il travaillait. Les allocations seront versées selon les règles du pays, sans apport financier du pays de résidence.

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Une réforme qui ne ravit pas tout le monde. Tout d’abord, les travailleurs français : souvent, les règles de l’assurance-chômage française sont plus intéressantes qu’ailleurs, en termes de durée d’indemnisation comme de montant. Selon certaines associations européennes, ce changement risque de provoquer des « inégalités de traitement » entre les chômeurs d’un même pays, a relevé Les Echos. Sans compter les frais de transport, la barrière de la langue ou encore la difficulté d’être accompagné si l’on cherche un emploi dans son pays de résidence.

Ni la Suisse, ni le Luxembourg

La France a largement soutenu cette réforme, car elle permettra à l’Unédic de réaliser de grosses économies. Les travailleurs frontaliers ont représenté un surcoût de 708 millions d’euros en 2017, rappelle Le Figaro. Désormais, le texte doit être validé par le Parlement européen. Ça devrait être le cas avant la législature actuelle, fin juin. Cependant, alors que la majorité des travailleurs frontaliers français exercent en Suisse, ce pays ne fera pas parti de l’accord pour le moment. Egalement, le Luxembourg n’appliquera pas l’accord en 2021, mais cinq ans plus tard, le temps de s’organiser face à la surcharge administrative qui s’annonce.

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