Chômage des seniors : accepteriez-vous un emploi moins bien payé ?

Le Medef réfléchit à des mesures pour favoriser le retour à l’emploi des seniors. Le patronat s’inspire de nos voisins européens pour sa proposition choc.

Le Medef veut améliorer le retour à l'emploi des seniors. Crédit: Istock

Que faire pour permettre aux seniors de retrouver du travail plus facilement ? Le Medef s’est penché sur la question et, dans un document que la radio RTL s’est procuré, propose une solution.

Il s’agirait de moins bien rémunérer une personne à partir de 55 ans, lorsqu’elle retrouve un emploi : le salaire serait inférieur à celui perçu dans l’emploi précédent. La différence pourrait être complétée par l’assurance chômage et ce, jusqu’au départ en retraite, pense le patron du syndicat patronal Geoffroy Roux de Bézieux. Une compensation qui porterait le nom d’ « aide différentielle » et qui existe déjà en Suisse : elle est destinée aux chômeurs de longue durée et peu qualifiés.

Réduire les coûts pour l’entreprise

Le Medef voit dans cette aide différentielle plusieurs avantages : elle permettrait de réduire les coûts de l’entreprise et les dépenses de l’assurance chômage (une fraction d’allocation et non pas une allocation complète serait ainsi versée) tout en maintenant le salarié senior en activité.

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Pour ce dispositif, Geoffroy Roux de Bézieux se serait inspiré du modèle suédois qui permet de « garder des gens en emploi mais dans des postes et avec des salaires qui ne sont pas toujours les mêmes ». Le dispositif pourrait s’appliquer aussi bien à des seniors au chômage qu’à des seniors en emploi, pour éviter qu’ils ne perdent ce dernier.

Difficultés des seniors

Le taux d’emploi des personnes qui ont entre 55 et 64 ans serait de 51,7% en France en 2017 (30% en 2000) contre 61% dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Le nombre de seniors (55 ans et plus) chômeurs de longue durée a particulièrement augmenté ces dernières années : + 179% en dix ans, selon la Dares.

Dans leurs démarches pour retrouver un emploi, les seniors se confrontent souvent aux aprioris des employeurs : ces derniers pensent qu’un salarié qui a entre 55 et 60 ans ne restera pas assez longtemps dans l’entreprise, souligne Le Figaro, ou qu’il aura une productivité inférieure aux autres salariés. Un autre frein à l’embauche, c’est l’accès restreint des seniors aux formations. Les employeurs sont peu incités à en proposer.

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