Assurance chômage : les hauts revenus seront concernés par la réforme

La ministre du Travail a aussi annoncé un bonus-malus pour responsabiliser les entreprises dans leur usage de contrats courts.

La réforme de l'assurance chômage devrait aboutir cet été. Crédit: Frederic DIDES/SIPA

Plafonner l’allocation chômage des hauts revenus ou opter pour un système dégressif ? Le choix n’est pas encore fait. Mais dans l’interview qu’elle accorde aux Echos ce mardi 30 avril, Muriel Pénicaud affirme qu’une mesure concernera les hauts revenus dans la réforme de l’assurance chômage actuellement en discussion.

La ministre du Travail considère que le taux de chômage des cadres est faible, proche du plein emploi, 3,8% en 2017, sans comptabiliser les seniors. Pour elle, la période entre deux emplois doit être la plus courte possible. Mais, « plus l’indemnisation est haute dans un contexte de plein emploi et plus la durée d’indemnisation s’allonge. Il y aura donc une mesure pour les hauts revenus qui tiendra compte de l’âge ».

Limiter les contrats courts

Autre annonce de la ministre, un bonus-malus pour limiter l’emploi de contrats courts dans les entreprises et « responsabiliser les employeurs ». Muriel Pénicaud explique que ce système aura une approche par secteur pour bien prendre en compte la diversité des situations : sur des bases comparables (secteur d’activité, taille de l’entreprise), certaines sociétés ont recours à beaucoup de contrats courts alors que d’autres, non. « De manière liée, le décret va traiter de la permittence, c’est-à-dire de la succession de contrats courts pour la même personne, entrecoupés de période d’indemnisation avec des règles d’indemnisation qui n’incitent pas au retour à l’emploi ».

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La seconde phase de concertation sur l’assurance chômage devraient se terminer d’ici un mois et demi, avec un décret prévu pour cet été. Comme prévus, les démissionnaires et les indépendants se verront octroyer des droits sous conditions. L’accompagnement des chômeurs sera renforcé avec un meilleur encadrement, promet la ministre.

Mesurer l’égalité femmes-hommes

Muriel Pénicaud évoque également, dans cet entretien, l’index égalité femmes-hommes que doivent respecter les entreprises de plus de 1 000 salariés. Selon le dernier pointage, 1 048 entreprises ont publié leur index sur les 1 295 concernées : quatre entreprises obtiennent un score de 100% et 29, un score de 99%. Seize entreprises sont par contre dans le rouge et ont trois ans pour en sortir. « Si les grandes entreprises sont plutôt bonnes sur l’égalité salariale à travail égal, le plafond de verre, lui, est massif et un tiers ne respecte pas l’obligation légale d’augmentation au retour du congé maternité », souligne la ministre.

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