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Crise économique: le découvert moyen atteint désormais 375 euros

Avec la crise du coronavirus, les découverts bancaires ont augmenté. Et, de manière générale, 41% des Français déclarent que leurs finances sont touchées, selon le baromètre annuel du pouvoir d'achat de Cofidis - CSA.

Frais bancaires
Crédit: iStock.

Les Français ressentent déjà les effets de la crise. Tel est le constat dressé par le baromètre annuel du pouvoir d’achat de Cofidis – CSA, publié jeudi 4 juin. Les premières victimes du confinement sont les ménages les plus fragiles financièrement et ceux dont l’activité s’est fortement réduite, voire arrêtée : les commerçants, les artisans et chefs d’entreprise (74%), les chômeurs (59%), les ouvriers (56%) et plus globalement les classes moyennes inférieures (54%). Cette situation est marquée par une augmentation du montant des découverts bancaires. Autour des 341 euros en 2019, il est actuellement de 375 euros en moyenne. Dans le cas des étudiants, la progression atteint 131 euros, le découvert moyen étant passé de 87 à 218 euros.

Si, un quart des Français les plus fragiles financièrement estiment que les aides financières du gouvernement ont permis de compenser la perte de pouvoir d’achat, d’autres difficultés budgétaires ont émergé depuis le début du confinement. Ainsi, les demandes de report ou d’aménagement de crédits à la consommation sont en hausse. 14% des ménages gagnant entre 1 000 et 1 500 euros net par mois ont demandé un aménagement. 

« Une France à deux vitesses »

A l’inverse, les Français les plus aisés semblent être plus épargnés par la crise et ses conséquences sur le pouvoir d’achat. Selon l’étude, 75% des Français touchant 3 000 euros et plus par mois déclarent que la crise n’a pas atteint leur situation financière personnelle. Les Français les plus aisés ont, pour l’instant, moins subi la crise et le chômage partiel. La majorité des CSP+ affirment avoir poursuivi leur activité à temps plein (62% des cadres, professions libérales et 60% des CSP+) quant 6% des ouvriers, 24% des CSP- et 22% des employés disent avoir été mis au chômage partiel à 100%.

« Nous voyons grâce à cette étude qu’une France à deux vitesses se dessine depuis le début du confinement. D’un côté, nous avons une catégorie d’urbains, cadres, télétravailleurs et propriétaires plutôt protégés financièrement malgré la situation. En face, des publics déjà fragilisés : des femmes seules avec ou sans enfant, des ouvriers, des étudiants qui ont subi de plein fouet la crise sanitaire et qui, au chômage ou en chômage partiel, ont vu leur pouvoir d’achat fondre très nettement. Ceux qui étaient précaires avant le sont encore plus », décrypte au Parisien Julie Gaillot, directrice du pôle Society de l’institut CSA.

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Dans ce contexte plutôt sombre, 62% des Français pense que le pire est à venir : un sur deux a peur pour son avenir professionnel et 80% ne pensent pas retrouver leur pouvoir d’achat d’avant la crise dans les trois mois à venir.