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Carte bancaire : 30% des fraudes ne sont pas remboursées par les banques

L’UFC-Que Choisir saisit les pouvoirs publics pour obtenir le plein respect des droits des consommateurs, à savoir le remboursement par les banques des fraudes à la carte bancaire.

propositions frauduleuses

L’association est formelle. Selon une de ses enquêtes publiée jeudi 22 octobre, 30% des fraudes à la carte bancaire ne feraient pas l’objet d’un remboursement par les banques. L’UFC-Que Choisir estime que la situation est d’autant plus gênante que les paiements par carte bancaire « sans contact » et par Internet se sont multipliés depuis le début de la crise sanitaire. Ce qui multiplie le risque d’escroqueries.

En effet, selon le rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) – Banque de France, le recours au paiement « sans contact » à progressé de 67 % depuis le déconfinement, en mai dernier. Les paiements à distance ont quant à eux augmenté de 13%. 

Les escroqueries explosent

Ces moyens de paiement sont respectivement deux et dix-sept fois plus victimes de fraudes que les transactions nécessitant la composition du code secret, précise l’enquête. Alors selon ses estimations, l’UFC-Que Choisir projette une hausse de l’ordre de 20% des escroqueries, soit l’équivalent de 660 millions d’euros rien qu’en 2020.

Si, depuis le 14 septembre 2019, les consommateurs devraient bénéficier d’un dispositif d’authentification renforcée (un mot de passe, une empreinte digitale…) pour régler leurs achats à distance, certains établissements bancaires sont en retard.

Des fraudes en hausse

Pas exemplaires en matière de protection de leurs clients, les banques ne le sont pas non plus sur le front du remboursement. Ainsi, près d’une personne fraudée sur trois n’a pas été remboursée en 2020. Une part de 30% en progression de quatre points par rapport à l’an dernier). 

Le plus souvent, les banques mettent en avant le fait que le compte de leur client a été débité à la suite d’une négligence de ce dernier. Un raisonnement qui ne tient pas la route selon l’association de défense des consommateurs. « En raison des risques de détournements du seul code SMS (3D-Secure) pour authentifier les paiements à distance, ce dispositif n’est plus considéré comme étant suffisamment sécurisé. Par conséquent, comme l’a confirmé le Gouverneur de la Banque de France à la demande de l’UFC-Que Choisir, les banques qui continuent de n’utiliser que cette seule technique obsolète ne peuvent plus invoquer la négligence de leurs clients pour refuser de les rembourser », détaille-t-elle.

Démontrer sa bonne foi

Selon un sondage réalisé dans le cadre de l’enquête, 26% des escroqués ont été contraints de démontrer leur bonne foi en déposant plainte, en rédigeant une lettre de contestation ou encore en envoyant une copie de leur relevé de compte…

Des démarches qui, lorsqu’elles aboutissent, allongent le délai moyen de remboursement de quatre jours. Celui-ci atteint désormais 25 jours, alors que, selon la loi, il devrait intervenir au plus tard le premier jour ouvré suivant le signalement de la fraude.