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Le Crédit mutuel, une banque qui se veut toujours plus « verte »

Le directeur de l’établissement bancaire explique que le « critère climat » sera examiné lors du dépôt de chaque dossier de crédit. Par ailleurs, le Crédit mutuel se désengage du charbon.

Une enseigne du Crédit Mutuel, à Nantes. Crédit : SIPA

Le Crédit mutuel Alliance fédérale affiche ses ambitions, en matière d’écologie. Dans une interview donnée au Journal du dimanche, le président du groupe bancaire Nicolas Théry annonce que le climat devient une priorité pour l’établissement bancaire. « Il n’y aura plus un dossier de crédit pour lequel on ne regarde pas le critère climat. Tout particulier chez nous doit savoir que son épargne va ­contribuer à la transition énergétique. Ça va s’appliquer aux contrats d’assurance vie, à la gestion d’actifs et dans le financement et l’investissement des entreprises », déclare-t-il à l’hebdomadaire. Toutefois, le Crédit mutuel Alliance fédérale pourra toujours financer l’achat d’un véhicule type SUV. « Nous sommes pour une approche incitative, pas punitive. C’est la raison pour laquelle depuis 2018 nous proposons aux clients 50 % de réduction sur le leasing de véhicules électriques ou hybrides », se justifie-t-il.

Le désengagement du charbon

Nicolas Théry souligne aussi que la banque se désengage progressivement des énergies fossiles. Ainsi, en 2020, le Crédit mutuel Alliance fédérale a vendu pour 500 millions d’euros de positions dans l’industrie du charbon et a cessé de travailler avec 417 entreprises du secteur. « Nous sortons du secteur du pétrole non ­conventionnel, donc des sables bitumineux, du gaz et du pétrole de schiste », indique-t-il à l’hebdomadaire, soulignant toutefois que sortir du charbon a faire perdre de l’argent à l’établissement bancaire… « Dès 2018, nous nous sommes fixé un objectif de réduire de 30 % notre empreinte carbone comme entreprise en cinq ans. Aujourd’hui, nous nous engageons à réduire de 15 % l’empreinte carbone de notre portefeuille grandes entreprises d’ici à 2023 », fait savoir Nicolas Théry. 

Le Crédit mutuel, mauvais élève en matière de climat

En juin 2019, l’ONG Oxfam avait publié un classement des grandes banques françaises selon leur action en faveur du climat. Le Crédit mutuel avait alors reçu la plus mauvaise note, 1,9/10, et la dernière place du classement. Oxfam notait à l’époque que la banque n’avait toujours pas une « politique destinée à permettre un arrêt progressif de ses soutiens aux gaz et pétrole » et que « le groupe ne calcule pas les émissions générées par ses activités de financement et d’investissement et ne s’est donc pas engagé à les réduire ».