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Crédit immobilier et burn out ne font pas bon ménage

Un burn out peut avoir des répercussions préjudiciables sur l’assurance de prêt et sur l’obtention d’un crédit immobilier. Le point avec le courtier en assurances Magnolia.fr

Les établissements de crédit et les assureurs peuvent être réticents en face d’une personne qui a vécu un burn out, c’est-à-dire le syndrome d’épuisement professionnel. Le comparateur en assurance de prêt Magnolia.fr estime en effet qu’un emprunteur est considéré comme un profil à risque s’il a déjà souffert de ce syndrome, qui n’est pas reconnu comme une maladie professionnelle, mais comme un « phénomène lié au travail ». En effet, les salariés touchés sont pris en charge au titre d’un arrêt maladie classique par la Sécurité sociale. « En assurance emprunteur, le burn out est considéré comme une MNO ou Maladie non objectivable, comme le sont les autres pathologies psychiques et psychiatriques », selon Magnolia.

Or, les assureurs sont réticents à couvrir le syndrome. Pourquoi ? Il est difficile d’établir un diagnostic médical précis et « donc de qualifier sa réalité ». De plus, les MNO signifient en général que les salariés sont en arrêt de travail sur une période plus ou moins longue. Leur salaire diminue en conséquence, « ce qui pose problème aux établissements de crédit et aux assureurs », analyse Magnolia.fr. Elles sont donc très souvent exclues des garanties de base de l’assurance emprunteur. Le comparateur en assurance de prêt précise que dans 70% des cas, l’établissement accepte de couvrir l’emprunteur qui a déjà connu un burn out. Sauf en cas « de suites et conséquences d’un éventuel arrêt de travail lié à une pathologie psychiatrique y compris dépression nerveuse ». En fait, la compagnie ne couvre pas l’emprunteur en cas de récidive. « Si la banque n’exige pas le rachat des franchises MNO, le crédit peut être accordé », précise encore Magnolia.fr.

L’assureur peut émettre une surprime

Autres cas possibles, soit 28% d’entre eux : l’assureur accepte la couverture de l’emprunteur, mais pas sur l’Incapacité temporaire totale (ITT), quand ce dernier ne peut plus travailler pendant un certain temps. L’emprunteur va se voir refuser son emprunt à la banque sans cette garantie. En fonction de la gravité de la maladie, « l’assureur peut alors émettre une surprime », détaille encore le comparateur. Enfin, dans 2% des cas, la compagnie refuse de couvrir l’emprunteur ayant déjà connu un burn out s’il y a eu tentative de suicide. La banque ne pourra donc accorder le crédit immobilier dans ce cas. Pour évaluer le risque plus rapidement, « certaines compagnies vont proposer des questionnaires de santé spécifiques aux MNO », précise Magnolia.fr.

Les personnes n’ayant jamais subi de syndrome d’épuisement professionnel peuvent quant à elles demander à bénéficier d’une prise en charge, au cas où elles y seraient confrontées. Il s’agit alors de se tourner « vers le rachat d’exclusion des maladies psychiques et/ou psychiatriques ». Cela implique une majoration du coût de l’assurance d’environ 30% à 40% sur les garanties IPT/ITT (Invalidité permanente totale/ Incapacité temporaire totale). Et la crise du coronavirus n’arrange rien. Magnolia.fr estime que le Covid-19 aura des répercussions sur « la sinistralité sur les maladies psychiques » qui « risque d’exploser, entrainant avec elle une augmentation des tarifs sur le rachat des franchises MNO ». Le surcoût pourrait passer à 50% selon l’expert, sans impact sur les contrats déjà souscrits. Actuellement, 30 000 personnes seraient touchées par un burn out et 15% de la population active présenterait un risque futur, rapporte le comparateur.