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Les tarifs bancaires en hausse, les associations de consommateurs montent encore au créneau

De nouvelles augmentations tarifaires sont constatées en début d’année, selon l’Observatoire des tarifs bancaires publié par le Comité consultatif du secteur financier. De leur côté, plusieurs associations de consommateurs dont la CLCV et l’UFC-Que Choisir dénoncent « le recul inacceptable de la lisibilité de certaines brochures tarifaires ».

frais bancaires
Crédit : iStock

Les banques ont relevé leurs tarifs au début de l’année 2021. C’est ce que relève l’Observatoire des tarifs bancaires (OTB) du Comité consultatif du secteur financier (CCSF). L’organisme, qui a comparé ces coûts entre le 31 décembre 2020 et le 5 janvier 2021, livre ses résultats mercredi 17 février. Il a analysé les prix pratiqués par 101 banques à réseau et 8 banques en ligne. Soit plus de 98 % des parts de marchés de comptes courants de particuliers, selon le CCSF.

Bilan : huit tarifs sont en hausse cette année. C’est le cas de la cotisation à une offre d’assurance perte ou vol des moyens de paiement, de la fourniture d’une carte de débit (immédiat, différé ou à autorisation systématique), du retrait d’espèces dans un distributeur automatique d’un autre établissement avec une carte de paiement internationale, du premier retrait payant, du virement occasionnel en agence, de la tenue de compte et de l’abonnement à des produits offrant des alertes sur la situation du compte par SMS. Les augmentations constatées vont de 0,29% (7 centimes) pour l’assurance vol ou perte à 12% (3 centimes) pour l’abonnement à des produits offrant des alertes sur la situation du compte par SMS.

Quatre tarifs stables, deux en baisse

Selon l’observatoire, quatre frais restent stables : la commission d’intervention, les frais de mise en place et de paiement d’un mandat de prélèvement SEPA, et le virement par internet (tous deux gratuits), ne bougent pas. A l’inverse, seuls deux tarifs apparaissent en baisse : l’abonnement à des services de banques à distance (internet, téléphone fixe, SMS, etc.) : – 0,93 % ( soit – 1 centime) et l’abonnement à des produits offrant des alertes sur la situation du compte par SMS, de 1,94 % (- 35 centimes).

Le CCSF évoque des augmentations « très modérées », les deux hausses de tarifs plus conséquentes étant le fait de « changements de produit ou de panel ». Ainsi, la hausse de 3,14 % de la carte de paiement à autorisation systématique est « due, pour l’essentiel, au lancement par 26 établissements d’une nouvelle génération de carte à autorisation systématique, la carte à contrôle de solde quasi-systématique, qui offre davantage de possibilités et la rend désormais utilisable dans différents automates (péages, pompe à essence etc.) ». Le lancement de cette nouvelle offre s’est « généralement accompagné d’une augmentation de la cotisation annuelle et constitue la principale cause de l’augmentation de la cotisation moyenne de ce type de carte ».

Par ailleurs, la hausse de 12 % de l’abonnement à des produits offrant des alertes sur la situation du compte par SMS s’explique « pour l’essentiel par l’abandon de cette facturation par 12 établissements, appartenant au même groupe mutualiste, au profit d’une facturation forfaitaire ».

Tarifs bancaires : les assos de consommateurs montent au créneau

De leur côté, plusieurs associations de consommateurs – la CLCV, l’UNAF, Familles Rurales et l’UFC-Que Choisir – dénoncent « le recul inacceptable de la lisibilité de certaines brochures tarifaires ». Actuellement, les brochures tarifaires des banques comportent en effet en moyenne 390 tarifs, sur 27 pages selon la CLCV. Une « nébuleuse » dans laquelle certaines banques « noient complètement les consommateurs sous le poids des informations ». Les associations pressent ainsi les pouvoirs publics « d’encadrer par la loi la présentation des tarifs bancaires, pour créer les conditions d’une saine concurrence, génératrice de modération tarifaire ».

La DGCCRF avait épinglé fin 2020 six grosses banques françaises, notamment pour commissions abusives. En janvier dernier, l’association de consommateurs CLCV avait déploré des tarifs allant « du simple au double ».