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Banques : la France mauvaise élève du climat

Alors qu’un nouveau CAC 40 a été lancé pour répondre à la demande de finance durable, un rapport mondial dénonce l’implication des banques françaises dans le financement des énergies fossiles.

climat
Crédit: iStock.

Chaque année, le rapport Banking on climate chaos, publié par six ONG, analyse les financements (prêts et émissions d’actions et d’obligations) accordés par les 60 plus grandes banques du monde à près de 2 300 entreprises opérant dans les secteurs du charbon, gaz et pétrole. En France, il est relayé notamment par des associations telles que Les Amis de la terre. La conclusion de l’édition 2021 ? Ces établissements ont accordé 3 800 milliards de dollars (3 213 milliards d’euros) à ce type d’activité, les banques françaises ayant même augmenté leurs financements aux énergies fossiles en moyenne de 19 % par an entre 2016 et 2020.

Trois banques françaises dans le collimateur

BNP Paribas est notamment dans le viseur. Le rapport dénonce les 41 milliards de dollars (35 milliards d’euros) alloués aux énergies fossiles entre 2019 et 2020. Elle se retrouve ainsi plus grand financeur européen et 4e mondial de l’industrie des énergies fossiles.

La banque s’est justifiée, dans un courrier adressé aux ONG et transmis à Libération. BNP dit avoir « encore renforcé en 2020 ses politiques d’exclusion dans les secteurs les plus à risque pour le climat ainsi que son financement des nouvelles énergies ». Fin 2020, « les projets d’énergies renouvelables ont représenté 40 % de l’ensemble des projets financés par BNP Paribas contre 14 % pour les projets de pétrole et gaz ».

Crédit Agricole et Société Générale sont aussi mis à l’index par le rapport, avec pour le premier 3,7 milliards de dollars accordés à Total et, pour la seconde, 1,9 milliard de dollars distribué à Exxon.

L’ambiguïté du concept de finance verte

Pour Lorette Philippot, chargée de campagne aux Amis de la terre, « Paris s’affiche comme la capitale de la finance verte, mais ces chiffres montrent qu’elle est en vérité la capitale de l’hypocrisie climatique ».

Le propos porte d’autant plus qu’Euronext, gestionnaire de la Bourse de Paris, vient d’annoncer la création d’un nouveau CAC 40 « propre », le CAC 40 ESG, afin de prendre en compte les dimensions environnementales et sociales. Le nouvel indice exclut ainsi les entreprises qui œuvrent dans l’industrie du tabac, du charbon… ou encore celles qui ne respectent pas les critères de bonne conduite des Nations Unies. La composition du panel sera revue tous les trimestres. Or, parmi le panel inaugural, on retrouve bien BNP Paribas et Crédit Agricole.