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Risques climatiques : le coût des sinistres pourrait être multiplié par 5 à 6 dans certains départements d’ici à 2050

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a mené pour la première fois un exercice d’évaluation des risques financiers dus au changement climatique.

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Crédit : iStock.

L’exercice mené par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) est inédit : il s’agit d’un travail dirigé entre juillet 2020 et avril 2021 sur les risques financiers associés au changement climatique, dont les résultats ont été publiés le mardi 4 mai. C’est la première fois qu’un superviseur organise ce type d’exercice avec les groupes bancaires et les organismes d’assurance placés sous sa responsabilité. Ainsi, il en ressort que l’exposition de ces derniers aux risques est globalement « modérée ». Toutefois, l’impact serait plus fort sur les assureurs, et « le coût des sinistres pourrait être multiplié par 5 à 6 dans certains départements français entre 2020 et 2050 », précise l’ACPR, « même si la France est relativement épargnée dans les scénarios du GIEC ».  

En effet, les banques et les assureurs ont estimé les conséquences d’une augmentation du coût des événements climatiques extrêmes et de leur fréquence, suivant le scénario le plus pessimiste du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Cet accroissement de la sinistralité serait dû au risque de sécheresse et d’inondations, ainsi qu’au risque de tempêtes cycloniques en Outre-mer. Ainsi, les assureurs envisagent de compenser le risque d’assurabilité de certaines parties du territoire français par une hausse des cotisations. « Les primes augmenteraient de 130 à 200% sur 30 ans pour couvrir ces pertes », selon le rapport de l’ACPR. Il s’agirait donc d’une hausse des primes d’assurance de 2,8% à 3,7% par an. En revanche, les banques seraient moins exposées que les organismes d’assurances. 

Les Alpes-Maritimes particulièrement vulnérables

Dans cette étude, il apparaît par exemple que les Alpes-Maritimes sont le seul département avec « à la fois un niveau initial de sinistre important et une forte évolution dans le temps », concernant les submersions marines. S’agissant d’une zone très construite et très peuplée, « l’évolution de la sinistralité à l’horizon 2050 est principalement due à l’élévation du niveau de la mer ». L’étude de l’ACPR est disponible en ligne.