Se connecter S’abonner

Banques : certains départements sont-ils menacés de désertification bancaire ?

Plus de 3.700 agences bancaires ont fermé en France en dix ans et dans certains territoires, la désertification n’est pas loin.

banque banques dab
Crédit: iStock.

Les agences bancaires ferment les unes après les autres. C’est le constat dressé par Infostat Marketing qui a comptabilisé le nombre de guichets qui disparaissent tous les ans en France. Ainsi, ce sont plus de 3.700, soit 9% d’agences, qui ont fermé en dix ans, selon le cabinet de géomarketing le 8 juin, en partenariat avec Moneyvox. Certains départements sont plus touchés que d’autres selon cette étude. Entre 2010 et fin 2020, 33 départements sur 96 (France métropolitaine) ont perdu de 10% à 18% de leurs agences bancaires, notamment dans le Grand-Est et les Pays de la Loire. Cette tendance va parfois de pair avec une crise économique localisée.

Par exemple, la Moselle et l’Aisne ont perdu entre 0,7% et 1% d’emplois tous les ans entre 2009 et 2014 selon l’Agence nationale de la cohésion des territoires, et ces deux départements ont perdu respectivement 123 et 38 agences bancaires depuis 2010. D’autres départements de la région Grand-Est et Pays de la Loire sont aussi concernés par un marasme économique et des pertes d’emplois de 0,5% à 0,7% en cinq ans, comme le Haut-Rhin, la Meurthe-et-Moselle, le Loiret ou encore la Marne. Ce sont aussi des territoires qui ont en commun d’être d’anciens bastions industriels. Ceux-ci ont vu des dizaines d’agences bancaires fermer sur leur territoire en dix ans selon l’étude d’Infostat Marketing. A l’inverse, deux départements ont gagné des agences : il s’agit de ceux de la Corse, où l’emploi se porte bien, soit de 0,5% à 1,9% de hausse par an sur la même période.

Paris est la mieux pourvue

Cependant, l’aspect économique n’est pas toujours la cause des fermetures des agences bancaires. Paris et la région lyonnaise ont connu aussi ce phénomène, alors qu’elles sont très dynamiques. L’Ile-de-France reste bien pourvue en agences, avec 15% d’entre elles présentes sur son territoire en 2020, pour seulement 19% de la population de la métropole, parce que la région accueille les sièges historiques des banques nationales. La capitale française concentre 1.235 bureaux, selon l’étude, étant le département le mieux pourvu malgré une baisse sur dix ans (233 agences en moins). Même constat autour de Lille, Strasbourg et Mulhouse, qui restent bien pourvues, alors qu’elles connaissent aussi des fermetures. Leur passé industriel est une des explications, ainsi que la présence de banques mutualistes.

Les disparités entre les territoires sont multiples et les facteurs de désertification difficiles à établir si l’on considère uniquement le nombre d’agences implantées. Une seule peut suffire en zone rurale, quand plusieurs agences peuvent être insuffisantes en ville en raison de la densité de la population. La distance à parcourir pour les clients ou encore la quantité de conseillers disponibles et les horaires d’ouverture sont aussi à prendre en compte. Certains départements sont ainsi défavorisés : la Nièvre, la Creuse, la Corrèze, le Cantal, la Lozère, l’Aveyron, les Alpes-de-Haute-Provence et enfin l’Ariège. Par ailleurs, Infostat Marketing a établi le compte des fermetures d’agences par établissement bancaire. HSBC, BNP Paribas et Société Générale sont les trois premières du classement.