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Banques : les jeunes actifs, de plus en plus attentifs à leurs convictions dans leurs choix

Beaucoup de Français veulent savoir à quoi sert leur argent lorsqu’ils choisissent une banque, et les jeunes actifs sont particulièrement attentifs aux questions de solidarité et aux défis environnementaux.

Crédit : iStock.

Le rôle d’une banque dans le financement de certaines activités, solidaires ou environnementales par exemple, est important pour beaucoup de Français. C’est ce qui ressort du deuxième observatoire du Crédit coopératif, réalisé avec Viavoice et publié le 22 novembre par Le Monde. Ainsi, ils sont plus de la moitié (50,4%) à dire que la manière dont leur banque utilise leur argent, sur leur compte courant ou leur épargne, peut « développer ou renforcer la croissance de la France ». Ils sont un peu plus de 40% (40,4%) à estimer que la banque peut « contribuer à aller vers une société plus solidaire » et près de 41% (40,9%) à dire que la manière dont l’établissement bancaire utilise l’argent peut « aller vers une société plus respectueuse de l’environnement ». Les chiffres sont encore plus élevés chez les jeunes actifs, c’est-à-dire les 16-34 ans. 

Les Français interrogés en octobre dernier par Viavoice disent même qu’ils pourraient choisir leur banque en fonction de leur conviction pour près de 42% d’entre eux, et ce « dans un avenir très proche ». Ils sont encore plus nombreux chez les 25-34 ans, 52%, ainsi que chez les 16-24 ans, 47,3% d’entre eux. En revanche, ils ne sont que 28,4% chez les 65 ans et plus. « On vit une période sociologiquement intéressante », explique au Monde Arnaud Zegierman, directeur associé de Viavoice, « où les convictions commencent à converger avec les décisions. Il ajoute : « Il y a une réconciliation entre le consommateur et le citoyen, on ne veut plus cloisonner les choses » et se dit « très surpris » du résultat de ce sondage. En effet, les experts de Viavoice s’attendaient « à des chiffres deux fois moins élevés », précise Arnaud Zegierman. « On dit trop souvent que cette prise de conscience se limite aux CSP +, mais l’enquête montre qu’elle est largement partagée dans la société. »

Conscients, mais pas informés

Pour autant, s’ils déclarent s’intéresser à la destination de leur argent, les Français ne savent pas toujours déceler les produits réellement destinés à des causes sociales ou environnementales. « Il y a une prise de conscience de l’impact des banques et donc de notre argent par rapport à il y a quelques années, mais il reste très compliqué de s’y retrouver, surtout face aux discours des établissements très prompts à qualifier leurs offres de durables ou vertes », commente Lucie Pinson, directrice de l’ONG Reclaim Finance, dans les colonnes du quotidien. L’ONG a été récompensée par le prix Goldman pour l’environnement 2020, ayant agi auprès des banques contre le financement du charbon. Lucie Pinson estime que les assureurs doivent aussi prendre conscience de leur rôle « dans le développement du monde de demain », en sensibilisant le grand public.