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Argent : bientôt les visages de célèbres Européens imprimés sur les billets en euros ?

D’ici à quelques années, les billets en euros pourraient être ornés de visages de personnages célèbres, qui ont façonné l’Europe.

Crédit : Pixabay.

L’euro fêtera bientôt ses vingt ans. La monnaie unique européenne a vu le jour le 1er janvier 2002. A cette occasion, les billets de banque pourraient changer, selon Les Echos, le 6 décembre, et arborer des visages d’Européennes et d’Européens connus, ainsi que des monuments. Ce projet serait étudié par l’Eurosystème, précise le quotidien, c’est-à-dire par l’instance regroupant la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales des 19 pays de la zone euro. Un groupe d’experts réfléchirait aux options et les citoyens seraient consultés. Une fois les personnages et monuments identifiés, le Conseil des gouverneurs de la banque centrale devra valider la décision et les billets ne seraient fabriqués que dans quelques années, en raison des délais de validation et de fabrication.

Jusqu’à présent, les billets en euros sont ornés d’images telles que des ponts, des aqueducs ou encore des portiques, des images abstraites et géométriques jugées comme froides. Souvent, des critiques ont été émises envers l’euro, monnaie considérée comme désincarnée, en comparaison avec les personnalités ornant les monnaies nationales de l’Europe, telles que Delacroix sur les billets de 100 francs, ou encore les frères Grimm et Hernán Cortés sur les deutsche marks et les pesetas espagnoles. C’est même la seule grande monnaie dans le monde à ne pas orner ses billets de figures emblématiques, telles que Joseph Turner sur les livres britanniques, Higuchi Ichiyo sur les yens japonais et Abraham Lincoln sur les dollars américains, précisent encore nos confrères.

« De la chair dans nos objets communs »

Dans le passé, la France faisait partie des pays soutenant l’idée d’avoir des personnages connus sur les euros. « L’euro ne saurait être que ponts et fenêtres, comme si l’Europe, à nouveau, avait trop de grands hommes et femmes pour savoir les choisir. L’Europe est ce continent qui ne sait aller de l’avant qu’en étant fier de son passé : mettons donc de la chair dans nos objets communs », avait écrit Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, une fois nommé en 2020, dans un essai publié dans « Politiques étrangères ». 

Cette personnalisation de la monnaie unique européenne serait aussi un moyen de rassurer les citoyens pour la banque centrale, car ils seraient inquiets face à l’essor des paiements électroniques pendant la pandémie, au détriment des paiements en espèce. Mais l’exercice sera complexe pour le Conseil des gouverneurs de la BCE, qui devront faire le choix en respectant l’équilibre géographique, la parité hommes-femmes et une certaine cohérence historique entre les précurseurs de l’Europe et les acteurs contemporains.