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L’assurance, un levier pour réduire le taux du crédit immobilier

Les taux des crédits immobiliers sont en hausse et l’emprunt est contraint par le taux d’usure. Mais jouer sur l’assurance emprunteur permet de réduire les coûts.

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La hausse progressive des taux d’intérêt ces derniers mois a déjà eu pour effet d’exclure certains acheteurs potentiels du marché immobilier. Les exigences deviennent trop strictes pour certains ménages, qui peuvent cependant les limiter en jouant sur l’assurance emprunteur. Celle-ci n’est pas obligatoire, mais est néanmoins fortement recommandée, rappelle Le Monde. Certaines banques refusent d’ailleurs les crédits qui ne sont pas ainsi garantis en cas de décès, maladie ou accident empêchant le débiteur de rembourser.

L’assurance pour déjouer le taux d’usure

Les banques proposent systématiquement leur propre assurance. Mais depuis 2010, il est possible de la déléguer à un autre organisme. Depuis juin 2022, il est possible d’en changer à tout moment y compris lors de la première année. « Cette dépense n’est pas neutre dans un budget. Elle représente 20 % à 30 % du coût total d’un emprunt », fait remarquer Astrid Cousin, porte-parole du courtier Magnolia, interrogée par Le Monde.

Il est donc possible de faire jouer la concurrence et d’obtenir ainsi un taux légèrement plus bas. Si les économies ainsi réalisées ne seront pas mirobolantes, la délégation de l’assurance emprunteur a un autre intérêt. Elle permet de se soustraire une partie des coûts au calcul du « taux annuel effectif global » (TAEG), qui ne tient compte que des assurances obligatoires. Ainsi, un emprunteur sera moins vite contraint par le taux d’usure, le taux maximum auquel il peut emprunter. Or, c’est cet effet de « ciseaux » entre des crédits plus chers et une contrainte de l’usure qui exclut les ménages les plus modestes du marché.

Autre levier permis par l’assurance emprunteur : la répartition de la couverture lorsque l’on emprunte à deux. Plutôt que d’assurer un emprunteur à 100 %, il est possible de répartir les coûts, en fonction notamment des revenus de chacun. Mais alors, en cas de défaillance d’un des deux créanciers, l’assurance ne remboursera qu’une partie des sommes dues. Cela peut néanmoins réduire le taux de l’emprunt de quelques dixièmes de points.