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Les banques françaises se portent mieux depuis le début d’année 2022

Au deuxième trimestre, les banques (hors Banque Postale et Crédit Mutuel) ont cumulé plus de 6 milliards d’euros de résultat net.

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Les banques françaises, en forme ? Au deuxième trimestre, le secteur bancaire (hors Banque Postale et Crédit Mutuel) a cumulé plus de 6 milliards d’euros de résultat net, rapporte Les Echos. « Leurs résultats avant impôts et leurs revenus ont dépassé les attentes de façon plus importante que ceux de leurs pairs européens », a précisé Jon Peace, responsable de la recherche sur les banques européennes chez Credit Suisse.

Pour le trimestre écoulé, BNP Paribas a atteint son record trimestriel. Plusieurs facteurs comme le climat d’inquiétude et de volatilité provoqué par la guerre en Ukraine ou encore l’accélération de l’inflation, expliquent ces résultats. Le mouvement de hausse des taux en est un autre. Des besoins de protection et de réallocation des actifs se font ressentir. En bout de chaîne, les banques en bénéficient, notamment via la vente de produits dérivés ou l’accroissement des activités de trading. Chez BNP Paribas, au pôle CIB, les revenus ont bondi de 10,6 % (et le résultat avant impôt de 5,3 %).

Dans les 39 caisses régionales du Crédit Agricole, les revenus ont augmenté de plus de 9 %

Société Générale a connu, elle, une hausse de 18 % des revenus, et de plus de 40 % pour le résultat net du groupe. « Les deux premiers trimestres ont été spécifiquement favorables à notre mix d’activités », a déclaré Slawomir Krupa, directeur général adjoint de Société Générale en charge des activités de grande clientèle.

Aussi, le Crédit Agricole SA (CASA) a vu son pôle grande clientèle, incluant sa banque d’investissement, représenter 42 % de son résultat trimestriel. C’était seulement 24 % l’année dernière. La banque de détail en a également profité : les emprunteurs (ménages et entreprises) craignant de voir le coût du crédit grimper au deuxième semestre ont été nombreux à solliciter un emprunt. Ce qui explique la hausse importante des volumes de crédit.

Dans les 39 caisses régionales du Crédit Agricole, comme chez LCL, les revenus ont augmenté de plus de 9 %. Les revenus du « retail » sont également passés de 8,5 % à 11 % chez Société Générale et BNP Paribas. La production s’est aussi accrue à un rythme soutenu à La Banque Postale, au Crédit Mutuel Alliance Fédérale et chez BPCE.

Des incertitudes géopolitiques fragilisent les banques

En revanche, les incertitudes géopolitiques ont fait chuter les marchés ces trois derniers mois. Dans les métiers d’épargne ou de gestion d’actifs, les performances ont été ralenties. Et la chute des cours provoque indéniablement une baisse des revenus. La guerre en Ukraine a également eu un impact direct. La cession en urgence de la filiale russe de la Société Générale lui a coûté plus de 3 milliards d’euros.

Autre problématique : le retour à la réalité sur le marché du crédit immobilier qui pourrait se calmer dans les mois à venir. « On sent bien qu’on est dans un entre-deux », analyse un dirigeant de banque. « Tout va dépendre des anticipations que les ménages vont faire sur l’évolution des taux et de la situation économique », a ajouté Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA en présentant les résultats du groupe. La production « devrait baisser et ça va se voir aux troisième et quatrième trimestres », explique déjà Frédéric Oudéa, le patron de Société Générale.