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La Banque de France donne son feu vert aux banques pour la distribution de dividendes

Ni renforcement des fonds propres ni entrave sur la rémunération des actionnaires : le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a esquissé lundi quelques orientations pour un système bancaire français jugé résolument « solide ».

Banque de France
Crédit : iStock.

« Les banques et les organismes d’assurance français affichent une situation financière et prudentielle robuste », a assuré M. Villeroy de Galhau dans un discours prononcé en introduction de la conférence annuelle de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le gendarme des banques. En conséquence, « rien ne nous paraît justifier aujourd’hui une restriction générale sur la distribution de dividendes, comme cela avait été fait temporairement en 2020 », a affirmé le gouverneur.

Aucun frein au financement des biens immobiliers

Après une année 2021 record, les banques sont en passe de renouveler l’exploit cette année : BNP Paribas tient toujours la corde avec un bénéfice net de 8 milliards d’euros entre janvier et septembre, devant les mutualistes Crédit Agricole (6,1 milliards d’euros) et BPCE (3,4 milliards d’euros). M. Villeroy de Galhau a cependant appelé à la « prudence » en matière de rachats d’action « qui sont d’ailleurs soumis à une autorisation explicite du superviseur », a-t-il rappelé.

Il est aussi revenu sur le ratio de solvabilité des six principaux groupes bancaires français, au-dessus des exigences réglementaires et « proche des plus hauts historiques » à 14,5%. Une « pause » des exigences du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) est selon lui justifiée, « mais non un relâchement ». Les régulateurs européens demandent aux banques européennes une réserve de capital en cas de retournement de la conjoncture financière. Le HCSF ajoute sa pierre à l’échelle française : un supplément, appelé aussi « coussin », à provisionner.

Enfin, le gouverneur ne constate aucun frein au financement actuel de l’économie, notamment celui des biens immobiliers par les particuliers. « Le crédit immobilier est en France à la fois le moins cher, le plus abondant, et le plus sûr parmi les grands pays européens », a affirmé M. Villeroy de Galhau, malgré une remontée rapide des taux cette année: de 1,12% en janvier à 1,84% attendus à novembre (hors frais et assurance), selon les derniers chiffres de la Banque de France.