Banques : traiterez-vous encore avec un chargé de clientèle salarié à l’avenir ?

La Caisse d’Epargne va remplacer ses salariés par des conseillers indépendants dans trois agences rurales en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Un projet test qui, s’il s’avère concluant, pourrait transformer en profondeur le secteur et la relation client.

La Caisse d'Epargne va tester un nouveau modèle de conseiller bancaire. Crédit: iStock.

Une révolution est en préparation dans le secteur bancaire. La Caisse d’Epargne va tester dans les régions Bretagne et Pays de la Loire un nouveau statut de « banquier auto-entrepreneur ». L’idée consiste à créer un nouveau poste « de conseiller indépendant local », qui serait « mandataire exclusif » du groupe. Sa mission : accompagner les clients existants, mais aussi en démarcher de nouveaux.

Alors que les fermetures d’agences bancaires sont appelées à se poursuivre, c’est un moyen pour la banque de conforter son empreinte locale, en maintenant notamment une présence en milieu rural, mais aussi en couvrant des territoires où elle n’était pas présente. Autre avantage, elle n’aura pas à supporter les charges salariales des conseillers.

Ces conseillers indépendants, qui seront à la tête d’une SAS plutôt qu’auto-entrepreneurs, devront apporter des garanties : une première expérience de deux ans dans une banque ou une assurance comme cadre et l’obtention de « trois agréments ». Ils toucheront des commissions (selon leur production de crédit et la vente de produits) et des surprimes liées à leur activité, notamment à la satisfaction des clients.

Vers la fin des chargés de clientèle salariés ?

Le projet, qui suscite la réprobation des syndicats, démarrera au mois de juin dans trois agences rurales. C’est à l’issue de la phase test que la banque décidera de la suite.

La création de ce nouveau type de banquiers n’est pas sans susciter des questions.

Quel sera l’impact du mode de rémunération sur la qualité des conseils prodigués ? Ces conseillers ne seront-ils pas tentés de vouloir vendre à tout prix des produits de la banque à leurs clients ? Certes, c’est également le rôle des chargés de clientèle dans les agences, mais ils le font de manière mesurée, puisque leur rémunération n’en dépend pas intégralement.

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Cette initiative ne participe-t-elle pas à l’uberisation continue de l’économie ? Les banques, confrontées à de nombreuses difficultés : expansion des banques en ligne, fermeture d’agences, taux bas, …, ne vont-elles pas multiplier ce type d’initiative pour réduire leurs coûts ? Les chargés de clientèle salariés ne deviendront-ils pas l’exception ?

Ces conseillers auront accès aux données personnelles des clients. Quelle garantie la banque offrira-t-elle à ses clients pour la préservation de leurs données ?

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