Des tarifs bancaires stables, mais moins lisibles

Les tarifs des services des établissements bancaires restent plutôt stables, mais l’association UFC-Que Choisir dénonce « la trahison par les banques de leur engagement sur la lisibilité de leurs brochures ».

La grande majorité des tarifs bancaires sont stables en 2020. Crédit. iStock.

L’Observatoire des tarifs bancaires (OTB) a publié son étude annuelle sur les évolutions des tarifs des banques pour l’année 2020. Les tarifs de 14 services standards de 109 établissements, dont 101 banques de réseau et 8 banques en ligne, ont été passés en revue.

Conformément à l’engagement pris le 11 décembre 2018 par les banques françaises, les tarifs aux particuliers ont été gelés en 2019. Aucune augmentation n’a été constatée.

La mise en vigueur de la nouvelle grille tarifaire n’a pas sensiblement modifié les choses. Entre le 31 décembre 2019 et le 5 janvier 2020, la grande majorité des tarifs sont stables ou en baisse.

Dans le détail,

  • 6 tarifs sont stables dont 2 lignes tarifaires restent gratuites (les prélèvements et virements par internet).
  • 5 tarifs sont en baisse. La plus forte concerne le prélèvement (frais de mise en place d’un mandat de prélèvement SEPA) : – 6,79% ; Les autres apparaissent marginales. A noter néanmoins, la baisse concernant les cartes de débit à autorisation systématique (- 0,85%) intervient après des années de hausse régulière (hors 2019).
  • 3 tarifs sont en hausse. Il s’agit du virement occasionnel en agence (+ 4,15%, soit + 0,16 euro), la tenue de compte (+ 3,17%, ce qui fait ressortir un niveau moyen des frais de 20,49 euros par an) et les frais pour la fourniture d’une carte de paiement internationale à débit immédiat (+ 0,8%).

Vers le retour d’une information opaque

En revanche, la lisibilité de ces tarifs pose problème.

Les établissements bancaires sont tenus depuis le début de l’année de publier un « document d’information tarifaire » (DIT) doté d’un contenu normé, en remplacement de l’extrait standard des tarifs (EST), afin de faciliter la comparabilité des tarifs bancaires dans l’Union Européenne.

Mais « alors que le document européen devait rendre plus clairs les tarifs, force est de constater que le compte n’y est pas », regrette l’association de consommateurs UFC-Que Choisir. Selon elle, « plus d’un tiers des professionnels (36%) en ont profité pour accabler encore davantage leurs clients d’une surcharge d’informations en y détaillant chacun de leurs packages bancaires. »

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L’association dénonce un retour en arrière préjudiciable aux consommateurs : « alors que les banques s’étaient engagées à publier un EST regroupant les douze principaux frais bancaires (tenue de compte, cotisation carte de paiement, etc.) dans leur brochure, cette norme est devenue facultative sous prétexte de l’arrivée du nouveau document d’information tarifaire succinct (DIT) imposé par l’Europe. »

Elle demande en conséquence aux pouvoirs publics de légiférer pour maintenir la publication de l’extrait standard des tarifs, qui doivent être exprimés en base annuelle, imposer que ne figurent dans les brochures tarifaires « que le package bancaire le plus commercialisé », et « plafonner les frais d’incident de paiement pour les clients en situation de fragilité financière ».

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