La dynamique positive du crédit bientôt enrayée ?

Le robinet pourrait se fermer pour 10% des ménages avec les recommandations du HCSF.

C’est un bilan réjouissant qu’a dressé fin janvier l’Observatoire des crédits aux ménages dans son baromètre portant sur l’année 2019 et conduit par le professeur d’économie Michel Mouillart. Même en léger recul (0,40 point), le taux de détention de crédits reste élevé : 47,4 % des ménages en remboursent au moins un.

Sur les crédits à la consommation – essentiellement pour financer des projets d’équipement, le taux de détention s’est érodé à 26,5 % (26,8 % en 2018). En cause : le recul de l’usage des cartes des magasins auxquelles sont adossés les crédits renouvelables. Côté crédit immobilier, 31,1 % des ménages en possèdent un, soit un des taux les plus élevés depuis le début des années 2000, avec 1,33 million de nouveaux souscripteurs sur un an. Autre facteur positif : 50 % des ménages, contre 47,2 % en 2018, considèrent leurs charges de remboursement comme très supportables ou supportables.

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Cet optimisme pourrait pourtant être freiné par les banques. Sur les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière, le robinet du crédit commence à se fermer. Les prêts dépassant vingt-cinq ans ne sont plus attribués et la règle des 33 % (part maximale des revenus nets pouvant être aff ectée au remboursement) est strictement appliquée.

Selon les projections de Michel Mouillart, 10 % de nouveaux souscripteurs risquent d’être exclus. « Ce sont ceux qui ont porté l’expansion du marché et sont issus des territoires où l’offre alternative à l’accession (locatif social) n’existe pas », avance l’économiste. Autrement dit, « la France des Gilets jaunes » : des ménages modestes (90 000 au total), détenant moins de deux Smic mensuels et vivant dans des zones rurales ou urbaines moyennes.

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