L’activité des crédits à la consommation s’effondre en avril

Les derniers chiffres de l’Association des sociétés financières (ASF) évoquent une chute de la production de crédits à la consommation de 68% en avril.

Du côté des prêts personnels, après une chute de près de 21% en mars, elle atteint 67% en avril. Crédit: iStock.

Les Français ont boudé les crédits à la consommation en avril : leur production a baissé de 68% selon l’Association des sociétés financières (ASF) et cet effondrement est « d’une ampleur inégalée depuis l’existence des séries statistiques mensuelles créées en 2006 », même si le contexte est « exceptionnel », selon l’ASF dans un communiqué. La baisse atteint 31,4% sur les trois derniers mois. Dans les détails, c’est le secteur des financements d’automobiles qui plombe les chiffres, car il est à l’arrêt, avec un plongeon de plus de 90% pour les autos d’occasion et de près de 90% pour les neuves, soit 135 millions d’euros seulement, dix fois moins que l’an dernier.

Du côté des prêts personnels, après une chute de près de 21% en mars, elle atteint 67% en avril. Même constat du côté des nouvelles utilisations de crédits renouvelables qui se replient de 58% par rapport à avril 2019, et de 26,7% sur les trois derniers mois. Cependant, les financements liés à l’amélioration de l’habitat et aux biens d’équipement du foyer sont moins impactés, autour de 31% de baisse par rapport au même mois l’an dernier, mais la chute est tout de même historique.

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Les impayés pourraient augmenter à la rentrée

Pour l’instant, les impayés n’augmentent pas, car les mesures de soutien économique « ont été prises rapidement, avec un effet amortisseur sur les pertes de revenus », explique Jean-Louis Kiehl, président de l’association Crésus, dans Les Échos. Il ajoute que « la plupart des ménages ont réalisé des économies sur leurs dépenses ». Les échéances ont été reportées par les établissements prêteurs, généralement sans frais et parfois en dehors des conditions contractuelles. La Banque de France a parlé d’un recours « inhabituel » à la renégociation des crédits à la consommation en mars, soit 14% de la production. Mais le président de Crésus redoute la rentrée : « l’addition sera présentée lorsque l’économie ne sera plus sous perfusion, avec une hausse prévisible des impayés à partir de septembre ou octobre ». Les banques devraient recentrer leurs efforts sur les meilleurs dossiers, comme pour les crédits immobiliers.

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