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Optimisez vos travaux de rénovation énergétique

Améliorer la performance thermique de son logement permet de sérieuses économies sur sa facture. Encore faut-il choisir les bons travaux et les financer dans les meilleures conditions possible. Mode d’emploi.

rénovation énergétique
Crédit : iStock.

Dans le plan de relance présenté au début de septembre par le Premier ministre Jean Castex, la rénovation énergétique figurait à une place de choix. Avec une mesure phare, l’élargissement du dispositif MaPrimeRénov’, principal levier public, à toutes les catégories de propriétaires. Le gouvernement va y consacrer 2 milliards d’euros en 2021. But avoué : donner un coup de fouet aux rénovations des habitations individuelles. Il y a urgence. Selon les chiffres du ministère de la Transition écologique, sur 29 millions de résidences principales en France, 4,8 sont considérées comme des « passoires thermiques », c’est-à-dire qu’elles sont classées F ou G dans le diagnostic de performance énergétique, quand les logements estampillés A ou B représentent moins de 7 % du parc résidentiel.

4,2 milliards d’euros par an d’économies

Au-delà des aspects évidents d’amélioration du confort et de valorisation de son patrimoine, engager des travaux de rénovation thermique a surtout un impact budgétaire important. Selon une étude du cabinet Citizing pour le compte du spécialiste de la rénovation énergétique Enalia, si tous les logements étiquetés F ou G passaient à un C, la consommation annuelle d’énergie baisserait de 48,7 térawatts-heure (TWh). Soit au total 4,2 milliards d’euros par an d’économies pour les ménages sur leurs factures. En parallèle, la réduction des émissions de gaz à effet de serre se traduirait par un gain de 1,5 milliard d’euros. Pour ce faire, il faut réaliser des rénovations globales, autrement dit une combinaison de travaux portant sur différents postes. Or, elles ont un coût loin d’être négligeable : pour un ménage aisé, un projet de ce type s’établit en moyenne, pour une surface d’au moins 135 mètres carrés, de 35.000 à 70.000 euros de dépenses, d’après l’Ademe.

D’où l’intérêt de s’appuyer sur les aides diverses pour boucler son dossier de financement. Mais attention à en maîtriser les arcanes pour en tirer le meilleur parti. D’abord, il faut être dans la « bonne » catégorie. La plupart ciblent, en effet, les ménages aux revenus les plus faibles. En dépit de ce qu’avancent les communications officielles, MaPrimeRénov’ continue d’exclure les plus aisés, nombre de travaux ne leur donnant droit à rien. Ainsi, pour l’installation d’une pompe à chaleur géothermique, un ménage très modeste (en 2019, 30.225 euros de revenu fiscal de référence en Ile-de-France, par exemple, pour un couple sans enfant, 21 760 euros dans les autres régions) pourra obtenir jusqu’à 10.000 euros avec MaPrimeRénov’, contre 0 euro pour un foyer à hauts revenus (respectivement pour un couple sans enfant, plus de 56.130 euros et de 42.848 euros).

Ensuite, même dans la catégorie idoine, il faut savoir combiner les aides pour réduire au maximum son reste à charge. Dans notre simulation, l’association « MaPrimeRénov’ + certificats d’économies d’énergie (CEE) » est la moins efficace de façon générale pour les ménages modestes et très modestes. Ils ont plutôt intérêt à recourir aux financements de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) assortis des coups de pouce locaux. Le différentiel sur le reste à charge pourra alors atteindre 6 000 euros pour les premiers et 9 000 euros pour les seconds. En revanche, sur les postes très
valorisés par MaPrimeRénov’ et par les CEE – comme les pompes à chaleur et l’isolation des murs par l’extérieur –, la combinaison des deux redevient pertinente.

Parvenir au meilleur gain énergétique

Outre l’aspect financier, il s’agit par ailleurs de parvenir au meilleur gain énergétique. Pas de surprises, il faut viser un bouquet de travaux le plus complet possible. Avec un quatuor incontournable aussi bien en maison qu’en appartement : l’isolation des murs par l’extérieur, celle des combles, le remplacement des fenêtres et celui du système de chauffage. Problème : ces rénovations globales sont minoritaires. Selon un rapport récent du Haut Conseil pour le climat (HCC), entre 2012 et 2016, environ 87 000 maisons rénovées ont fait un saut d’au moins deux classes énergétiques, alors que le Gouvernement mise sur au moins 370 000 rénovations complètes par an en 2022, et 700 000 à plus long terme.

Le HCC plaide donc pour la suppression, d’ici à trois ans, des travaux isolés dans le dispositif MaPrimeRénov’. Il recommande aussi de relever de 5,5 à 10 % le taux réduit de TVA, dont l’efficacité est contestée, et d’augmenter le montant et la durée de l’éco-prêt à taux zéro, trop peu incitatifs. A titre de comparaison, en Allemagne, les ménages peuvent emprunter 120 000 euros sur trente ans, contre 30 000 sur quinze ans en France.

Où s’informer ?

• Anil. L’Agence nationale pour l’information sur
le logement dispose d’antennes dans la plupart des départements. Anil.org

• Agence parisienne du climat. Elle encourage, notamment pour les copropriétés, les travaux de rénovation énergétique au travers de conseils et suivis des chantiers. Apc-Paris.com ou 01 58 51 90 20.

• Faire. Ce réseau officiel a été créé en 2018 pour accompagner les particuliers dans leurs démarches de rénovation énergétique. Des conseillers sont disponibles gratuitement. Faire.gouv.fr ou 0808 800 700

• Monespaceprime.engie.fr. Ce nouveau portail recense toutes les aides et fournit un simulateur, ainsi qu’une palette de 335 partenaires pour les travaux.