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Prestations de solidarité, assurance chômage : ces aides jouent un rôle décisif au maintien du niveau de vie

La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a étudié l’impact des transferts publics sur le niveau de vie. L’assurance chômage est le principal stabilisateur.

assurance chômage
Crédit: iStock.

Sans l’assurance chômage, les prestations familiales et de solidarité, la plupart des ménages ne pourraient pas maintenir leur niveau de vie à la suite d’un changement, comme la perte d’un emploi ou à la suite d’un divorce. Selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée le 20 avril, l’assurance chômage est le principal stabilisateur, quelle que soit la position des personnes dans l’échelle des niveaux de vie. Pour les 20% les plus modestes, elle absorbe plus du tiers des variations de niveau de vie initial, affirme l’étude, et près de la moitié pour les 20% suivants. En effet, ce sont les individus aux revenus et patrimoines médians qui touchent le plus souvent des allocations chômage. Même pour les 20% de ménages les plus aisés, plus rarement au chômage, l’allocation permet de réduire d’un cinquième les variations de niveau de vie initial.

Autre constat dressé par la Drees, « les prestations familiales et les prestations sociales jouent également un rôle de stabilisateur essentiel pour les premiers déciles de niveau de vie », au même niveau que l’assurance chômage pour les 20% les plus modestes. Ce sont les prestations familiales qui constituent une part importante des ressources, les plus modestes étant majoritairement des familles monoparentales et nombreuses. De manière générale, les prestations de solidarité ont un rôle moins important pour les individus les plus aisés, mais elles contribuent tout de même à faire baisser la volatilité annuelle de niveau de vie des individus médians.

Les impôts accroissent la variabilité

En revanche, les prélèvements obligatoires, c’est-à-dire les impôts, « ont plutôt tendance à accroître la variabilité du niveau de vie final, ce qui résulte principalement du décalage temporel entre l’année de déclaration des revenus et l’année où l’impôt sur le revenu et la taxe d’habitation sont acquittés », précise la Drees. La suppression de la taxe d’habitation, postérieure à la période de l’étude, et le prélèvement à la source, devraient toutefois faire disparaître la contribution de ces prélèvements à une variabilité des niveaux de vie.

Plus généralement, la Drees estime que les transferts publics (les prestations, l’assurance chômage et les prélèvements obligatoires) absorbent en moyenne, entre 2011 et 2016, 70% des chocs annuels de niveau de vie des personnes d’âge actif, soit leurs revenus d’activité, de patrimoine et leur structure familiale. Ils jouent un rôle d’amortisseur encore plus important pour les plus modestes.