Se connecter S’abonner

Consommation : les smartphones reconditionnés bientôt taxés ?

Le spécialiste français du téléphone reconditionné, Back Market, dénonce l’intention du gouvernement d’instaurer une redevance pour copie privée sur les produits reconditionnés.

Crédit: iStock.

Back Market entre dans le club fermé des licornes françaises : le spécialiste français du téléphone reconditionné a annoncé mardi une levée de fonds de 276 millions d’euros. Il fait partie des jeunes sociétés tech dont la valeur est estimée à plus d’un milliard de dollars. Toutefois, l’entreprise estime que « cette levée de fonds a plutôt un goût amer pour toute l’équipe », selon un communiqué publié mardi 17 mai. L’intention du gouvernement d’instaurer une redevance pour copie privée sur les produits reconditionnés est dénoncée par Back Market. Après cette opération, « on n’a pas trop envie de faire la fête », a indiqué une porte-parole du groupe. « Cette levée est évidemment une excellente nouvelle pour Back Market – et particulièrement pour son développement international », s’est tout de même félicité Thibaud Hug de Larauze, cofondateur et CEO de Back Market.

Cette « redevance copie privée » est portée par le ministère de la Culture. Elle ferait « augmenter le prix de vente des téléphones reconditionnés de plus de 10% » avait dénoncé en février le SIRRMIET, syndicat professionnel du secteur. « Condamner cette filière française du reconditionnement, c’est aussi attaquer frontalement le pouvoir d’achat des Français, au moment où il n’a jamais été aussi faible. Aujourd’hui à titre d’exemple, 40% des clients de Back Market sont dans des situations précaires », selon le communiqué de l’entreprise. La start-up française a été fondée en 2014 et elle compte 480 salariés répartis entre Paris, Bordeaux, New York et Berlin. L’entreprise est présente dans 13 pays dont la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon.

Les reconditionneurs français menacés

Il y a un an, Back Market avait levé 110 millions d’euros, après une précédente opération de 41 millions d’euros en 2018, pour poursuivre son expansion internationale. « Nous sommes une entreprise française et le succès de Back Market s’est construit en France, avec ces reconditionneurs français aujourd’hui menacés. Il est donc difficile pour nous de sabrer le champagne tant que l’on n’aura pas obtenu des engagements du gouvernement pour sécuriser (leur) modèle économique », a ajouté Thibaud Hug de Larauze.