Se connecter S’abonner

Reprise économique : hésitations autour du chèque consommation

Les chèques consommation ne sont pas encore distribués aux plus modestes, six mois après leur évocation par le chef de l’Etat.

chèque consommation

La relance de la consommation fait partie des préoccupations du gouvernement. Le projet de distribuer des chèques aux ménages les plus précaires « n’est pas enterré », assure Matignon au Figaro, mais il n’est toujours pas mis en œuvre. Cette idée de chèque consommation est défendue par de nombreux experts et économistes, précise le quotidien : parmi eux, le Conseil d’analyse économique (CAE), Terra Nova et l’Institut Montaigne. La Convention citoyenne pour le climat en valide le principe. A la fin de l’année 2020, le président de la République, Emmanuel Macron, évoquait même ce « chèque alimentaire pour aider les plus précaires à se nourrir avec des produits biologiques et locaux ».

Toutefois, six mois plus tard, ce chèque consommation n’est toujours pas distribué. Selon Le Figaro, les services administratifs du Premier ministre travaillent encore sur ce dispositif complexe, et son utilité économique reste en débat. Les études ont insisté sur le fait qu’ils devaient concerner les plus précaires, et non tout le monde. Selon l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages s’est maintenu en 2020, il a même augmenté de 0,2% en moyenne malgré la crise sanitaire. L’activité partielle, le fonds de solidarité, les aides aux ménages modestes ou encore le report de la réforme de l’assurance chômage ont permis de maintenir le niveau de vie des Français l’an dernier.

Comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne

En effet, la France a choisi de compenser les pertes de revenus des salariés, comme ses voisins allemands et britanniques. L’Espagne et l’Italie n’ont pas tout pris en charge, entraînant une baisse du pouvoir d’achat dans les deux pays en 2020 (respectivement de 6% et 4,3%). Pourtant, la consommation a chuté de 7% dans l’Hexagone, soit deux fois plus qu’en Allemagne. Et, l’épargne y a considérablement augmenté, analyse le quotidien, ce qui laisse penser que la baisse de la consommation n’est pas due à un problème de revenus pour les classes moyennes et plus aisées. Le déconfinement pourrait changer la donne.

Par ailleurs, le ministre de l’Economie, des finances et de la relance semble privilégier d’autres mesures, comme l’assouplissement de la fiscalité des donations, ou encore les programmes d’investissement dans les filières durables, comme l’hydrogène.